Le ton a changé. Après des années de violences scolaires souvent impunies, la justice gabonaise affiche désormais une fermeté inédite. Huit élèves ont été placés en détention préventive à la prison centrale de Libreville, pour des faits graves survenus dans plusieurs établissements secondaires de la capitale.
Saisie par le parquet, la juridiction des mineurs a mobilisé la police judiciaire. Plusieurs élèves ont été interpellés et entendus. Les chefs d’accusation ? Troubles à l’ordre public, atteintes à la vie privée, violences physiques. Des actes de plus en plus fréquents dans les lycées gabonais.
Vendredi dernier, les premiers dossiers ont été présentés au tribunal. Le verdict est sans appel. Tolérance zéro.
Au lycée Georges-Mabignath, quatre élèves ont été déférés. Trois ont été placés sous mandat de dépôt, un seul a obtenu une liberté provisoire. Les faits concernent notamment la diffusion de vidéos de violences sur les réseaux sociaux.
Même sévérité au lycée Paul-Indjendjet-Gondjout. Là, il s’agissait principalement de violences physiques. Trois des cinq jeunes mis en cause ont été incarcérés, deux relâchés sous conditions. Un second dossier concernant ce même établissement a abouti à deux nouvelles incarcérations.
Au total, huit mineurs dorment désormais en prison. Du jamais-vu à cette échelle au Gabon.
Pour la justice, il s’agit d’enrayer un phénomène devenu incontrôlable. Le message est clair, la violence en milieu scolaire ne sera plus tolérée.
Ce tournant marque-t-il un changement durable dans la politique judiciaire face aux dérives scolaires ? Tout porte à croire que oui. Les juges veulent restaurer l’ordre et affirmer l’autorité de l’État.
Reste à l’Éducation nationale de prendre le relais. Encadrement, prévention, formation. Des efforts sont attendus pour éviter que les établissements ne deviennent des zones de non-droit.
Si l’incarcération de mineurs reste exceptionnelle, elle envoie un signal fort. Pour certains, c’est une réponse nécessaire. Pour d’autres, la prison ne résout pas le mal-être d’adolescents souvent en perte de repères.
Une chose est certaine, le laxisme appartient désormais au passé.
Edouard Dure
