Entre pannes répétées et exaspération des usagers, le Grand Libreville vit depuis plusieurs semaines au rythme des coupures d’électricité. Face à cette situation tendue, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) s’explique et promet un redressement rapide. Son Directeur général, Steeve Saurel Legnongo, reconnaît la gravité de la crise, mais assure « Les solutions sont déjà en marche. »
À l’origine des perturbations, un déséquilibre entre production et consommation. La cause principale est le retard dans la mise en service complète de la centrale thermique flottante de 150 MW, censée renforcer l’alimentation du Grand Libreville. « Cette centrale est encore en phase de montée progressive, ce qui retarde l’injection totale de sa capacité », explique le Directeur général.
En parallèle, la faiblesse des précipitations dans la vallée de la Mbè a réduit la performance des barrages hydroélectriques de Tchimbélé et Kinguélé, qui couvrent près de 40 % des besoins de la capitale. Le Résultat :est là, une production en baisse, une demande en hausse, et un réseau sous tension.
Malgré la situation, la SEEG assure que la crise est maîtrisée. Des équipes d’urgence ont été déployées, appuyées par un dispositif de surveillance en temps réel pour anticiper les incidents et rétablir rapidement le courant dans les zones touchées. « Nos équipes sont pleinement mobilisées pour stabiliser le réseau et minimiser les désagréments », souligne Steeve Saurel Legnongo.
Dans cet élan, plusieurs chantiers structurants sont en cours :
Finalisation de la centrale flottante et injection des 150 MW d’ici la fin de la phase de tests ;
Rénovation des infrastructures vieillissantes responsables de nombreuses pannes locales ;
Modernisation de la ligne haute tension Owendo–Bisségué, axe vital pour la distribution d’électricité vers la capitale.
Au-delà de la réponse immédiate, la SEEG veut transformer durablement le système énergétique national. Aujourd’hui, plus de 54 % de la production repose encore sur les centrales thermiques au gaz ou au gasoil, contre 46 % pour l’hydroélectricité. L’Objectif à moyen terme est d’nverser cette tendance pour atteindre 80 % d’hydroélectricité et seulement 20 % de thermique gasoil.
Pour cela, plusieurs projets d’envergure sont en cours, notamment ceux de Kinguélé Aval, Ngoulmendjim, Impératrice et FE2, en plus de l’interconnexion régionale avec la Guinée équatoriale via le Pool Énergétique de l’Afrique Centrale (PEAC). Il s’agit d’une transition énergétique ambitieuse visant à stabiliser les coûts et à garantir une électricité plus propre et plus fiable.
La SEEG mise aussi sur la modernisation numérique. Compteurs intelligents, systèmes automatisés de gestion, suivi en temps réel des lignes… Autant d’outils pour améliorer la réactivité et renforcer la confiance du public.
« Nous traversons une phase d’ajustement difficile, mais nécessaire », plaide Steeve Saurel Legnongo. « Notre ambition est claire. Regagner la confiance des usagers par des résultats concrets. »
Les prochains mois s’annoncent décisifs. Si la centrale flottante entre pleinement en service et que le réseau de transport se renforce comme prévu, les Librevillois pourraient enfin voir la lumière… sans craindre qu’elle s’éteigne l’instant d’après.
Un pari risqué, mais nécessaire, pour un Gabon qui veut transformer la crise énergétique en tremplin vers un avenir plus durable.
N. M
