Adopté le 28 octobre par l’Assemblée nationale de Transition, le premier budget de la Ve République se veut fondateur d’un nouveau cycle politique et économique. Entre ambition de rupture et contraintes structurelles, le gouvernement promet un tournant historique, mais les observateurs restent prudents.
C’est dans une atmosphère mêlant solennité et espoir que les députés ont approuvé le Projet de loi de finances 2026 (PLF). Présenté comme le socle d’une « économie productive, innovante et souveraine », ce budget porte la marque de la nouvelle ère politique ouverte par la Ve République.
Henri-Claude Oyima, ministre d’État en charge de l’Économie, y voit « le moteur central de la transformation nationale », fondé sur trois valeurs cardinales, réalisme, transparence et efficacité.
L’objectif affiché est celui de relancer la croissance et réformer en profondeur la gestion publique. Le texte traduit les grandes orientations du projet présidentiel, notamment la diversification économique et la valorisation des ressources locales.
Mais derrière l’enthousiasme officiel, les chiffres interrogent. Alors que le gouvernement table sur une croissance de 7 %, le FMI et la BAD n’anticipent qu’environ 2,5 %. « La diversification ne se décrète pas », rappellent ces institutions, soulignant la persistance d’une forte dépendance aux recettes pétrolières.
À l’Assemblée, le soutien au texte a été large mais mesuré. La rapporteure de la Commission des Finances, Justine Judith Lekogo, a salué la volonté de rupture tout en appelant à plus de rigueur dans les hypothèses macroéconomiques. Plusieurs parlementaires ont également questionné la cohérence d’une croissance ambitieuse alors que certaines dépenses sociales sont en baisse.
Plus qu’un simple exercice comptable, le PLF 2026 constitue un test politique majeur. En tant que premier budget de la Ve République, il incarne la promesse d’un État plus stratège et plus responsable. Son exécution sera scrutée de près, tant par les institutions internationales que par une population en attente de résultats tangibles.
Le budget 2026 ouvre un chapitre ambitieux, mais son succès dépendra moins des discours que de la capacité du gouvernement à tenir ses engagements sur le terrain. La balle est désormais dans le camp du Sénat et bientôt dans celui des gestionnaires publics.
Dans cette Ve République naissante, le temps des promesses touche à sa fin, commence celui de la preuve.
Jean 1er
