Le 10 janvier 2025, l’Institut français de Libreville a vibré au rythme de la mémoire et de la transmission. À l’occasion du vernissage de Lissimbou, mon héritage culturel entre tradition, religion et modernité, LIDWINE STAËLLE NGOUNDJI a livré bien plus qu’un livre. Elle a posé un diagnostic. Et lancé un appel.
Devant une presse nationale et internationale attentive, l’auteure a ouvert une réflexion profonde sur l’identité culturelle en Afrique contemporaine. Au cœur de son propos, le rite de Lissimbou, pilier de l’éducation traditionnelle des jeunes filles, aujourd’hui menacé de disparition.
Lissimbou n’est pas un simple rituel. C’est un socle. Un cadre de transmission des valeurs. Une école de vie. À travers lui, Lidwine interroge la perte de repères culturels dans un monde dominé par la mondialisation et les modèles importés. Elle met des mots sur une crise silencieuse mais réelle, celle de la jeunesse en quête d’identité.
Le livre prend une dimension intime. Celle d’une femme, d’une mère, d’une citoyenne. Comment éduquer ses enfants sans renier ses racines ? Comment concilier tradition, foi et modernité ? Ces questions traversent l’ouvrage et donnent à son récit une portée universelle.
L’éducation des jeunes filles occupe une place centrale. Ludwine rappelle que les rites initiatiques structuraient autrefois l’identité féminine, inculquant respect, responsabilité et appartenance. Leur effacement laisse un vide. Un vide que l’école moderne peine à combler seule.
Face à ce constat, l’auteure ne se contente pas d’analyser. Elle agit. Coach personnelle et professionnelle, engagée depuis vingt ans dans la protection des droits de l’enfant au Gabon, elle dirige une ONG dédiée à la scolarisation des jeunes filles. La vente de Lissimbou finance directement l’accompagnement de jeunes filles sans soutien familial. Un livre qui devient acte de solidarité.
Lidwine défend un concept, l’ethno-éducation. Une approche hybride. Elle conjugue savoirs ancestraux et enseignement moderne. Pour elle, la tradition n’est pas un frein au progrès. Elle en est un levier. À condition de la contextualiser et de l’adapter.
Cette vision résonne fortement dans un contexte marqué par la montée de la violence et de la délinquance juvénile. Selon l’auteure, la réponse ne se trouve pas uniquement dans la répression, mais dans la transmission. Transmettre des valeurs. Redonner du sens. Offrir des repères.

La présentation de Lissimbou s’est imposée comme un moment fort. Un temps de réflexion collective. Un appel à la responsabilité. « Nous sommes tous responsables de ce que nous déplorons aujourd’hui », rappelle Lidwine.
Plus qu’un ouvrage, Lissimbou est un manifeste. Un cri du cœur. Une invitation à se réapproprier son héritage pour mieux affronter le présent. Dans un monde en mutation rapide, LIDWINE STAËLLE NGOUNDJI nous rappelle une vérité essentielle. On n’avance solidement que lorsqu’on sait d’où l’on vient.
Clemy
