La nouvelle est tombée comme une douche froide. La Régab augmente. La bière nationale, symbole de convivialité populaire, change de prix.
Depuis le jeudi 15 janvier 2025, la Société de Brasserie du Gabon (SOBRAGA) a officialisé la révision tarifaire de deux formats très consommés. La bouteille de 65 cl passe de 500 à 600 francs CFA. Le format 33 cl grimpe de 300 à 350 francs CFA. Une hausse nette. Visible. Ressentie.
SOBRAGA invoque des raisons structurelles. Hausse mondiale des matières premières. Explosion des coûts de l’énergie. Transport plus cher. Pression fiscale persistante.
L’entreprise parle d’un ajustement « mesuré et responsable ». Un réajustement ciblé, limité à deux formats.L’Objectif est de préserver la qualité, assurer la disponibilité des produits, maintenir les investissements et sauvegarder les emplois. Sur le papier, l’argumentaire est cohérent. Dans les ménages, la réalité est plus brutale.
Cette hausse intervient dans un contexte déjà lourd. Très lourd. Les factures s’accumulent. Eau. Électricité. Télécommunications. Les loyers résistent à toute baisse. Les prix alimentaires flambent. Le panier de la ménagère s’allège. Le porte-monnaie se vide plus vite que le salaire ne rentre.
La Régab n’est pas un produit de luxe. Elle est ancrée dans les habitudes sociales. Bars de quartier. Fêtes familiales. Moments de détente après le travail.
Quand la bière augmente, ce n’est pas anodin. C’est un indicateur social. Un thermomètre du pouvoir d’achat.
Derrière cette hausse, une question persiste. La fiscalité. Des prélèvements multiples. Parfois peu lisibles. Souvent cumulés. Les entreprises répercutent. Les consommateurs encaissent. Et au final, ce sont les familles qui paient.
Le débat dépasse SOBRAGA. Il touche à la politique économique globale. Quelques interrogations se posent donc. Comment protéger le pouvoir d’achat tout en soutenant les entreprises locales ? Comment encourager l’investissement sans étouffer la consommation ? Comment réduire la pression fiscale sans fragiliser les recettes publiques ?
Le gouvernement est attendu. La politique sociale du chef de l’État doit se ressentir dans les foyers. Dans les marchés. Dans les bars de quartier.
Dans la vie réelle.
L’enjeu est clair. Il faut un juste milieu. Un État stratège. Des entreprises responsables. Des consommateurs protégés.
Sans cela, chaque hausse, même qualifiée de « mesurée », devient une charge de trop. Une goutte supplémentaire dans un vase déjà plein.
Aujourd’hui, la Régab augmente. Demain, quoi encore ? La cherté de la vie n’est plus une perception. C’est un fait. Et il est temps que les réponses soient à la hauteur des attentes des familles gabonaises.
Edouard Dure
