Il est des rencontres qui changent une trajectoire. Pour Limbourg Iwenga Annie Chrystel, Emmanuel Ondo Methogo fut bien plus qu’une autorité politique : il a été un repère, un guide, un patriarche au sens le plus noble du terme.
Elle se souvient de sa présence apaisante dans les couloirs du pouvoir, sous l’ère de Omar Bongo Ondimba. Il ne cherchait jamais à occuper l’espace. Il l’organisait. Il n’imposait pas. Il inspirait. À ses côtés, Limbourg Iwenga Annie Chrystel a appris que la force véritable ne réside pas dans le bruit, mais dans la constance.
Il l’encourageait à se battre. Pas contre les autres, mais pour ses convictions. Il lui répétait que la politique n’est pas une conquête personnelle, mais un service rendu avec dignité. Il conseillait sans humilier, corrigeait sans blesser, orientait sans contraindre. Dans ses silences mêmes, il y avait des leçons.
Au sein du Parti démocratique gabonais, notamment dans le septentrion au Woleu-Ntem, il a été un artisan d’équilibres. À Bitam, elle a vu combien il croyait aux potentiels humains. Il savait détecter une vocation, encourager un talent, ouvrir une voie. Beaucoup lui doivent une ascension. Limbourg Iwenga Annie Chrystel lui doit, elle, une confiance.
Ce qui la frappait chez lui, c’était son refus des clivages. Fang, Kota, Kwelé, Miéné, Adouma, Mitsogo, pour lui, ces identités n’étaient pas des barrières mais des richesses. Il lui a appris que rassembler n’est pas un discours, c’est une discipline quotidienne. Dans son cabinet comme dans sa maison, chacun avait sa place. La diversité n’y était pas tolérée, elle était honorée.
Il avait l’allure tranquille des hommes qui n’ont rien à prouver. Accessible sans se banaliser. Ferme sans se durcir. Ouvert sans se disperser. À son contact, Limbourg Iwenga Annie Chrystel a compris que l’autorité ne s’élève pas contre les autres, mais avec eux.
Aujourd’hui, son absence laisse un silence habité. Mais son héritage demeure. À travers Limbourg Iwenga Annie Chrystel, à travers tous ceux qu’il a guidés, son enseignement continue de vivre, servir sans exclure, rassembler sans calculer, croire à la grandeur tranquille.
Si elle prend la parole aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour saluer sa mémoire. C’est aussi pour témoigner de ce qu’il a semé en elle, la détermination, la loyauté et la foi en une politique qui unit plus qu’elle ne divise.
Son départ est une épreuve. Mais son exemple est une lumière.
Ethan De Sillon
