À Libreville, du 18 au 20 février 2026, plusieurs journalistes participent à une formation inédite sur l’intelligence artificielle (IA), Organisé par le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) et le Conseil International de l’Intelligence Artificielle (CONIIA), ce séminaire a pour objectif de doter les rédactions d’outils numériques avancés tout en réaffirmant l’éthique comme boussole.
L’amphithéâtre de l’Université EM‑Gabon était bondé mercredi matin pour l’ouverture de ce séminaire de trois jours. L’accord stratégique signé à Lomé en janvier dernier entre le RENAJI et le CONIIA prévoit entre autres de former les journalistes gabonais aux enjeux technologiques et déontologiques de l’IA.
Face à une concurrence internationale accrue et à une révolution numérique qui transforme déjà les pratiques journalistiques, l’IA est perçue comme un outil essentiel pour rester pertinente. Les participants ont été initiés aux fondamentaux de l’IA : définitions, mécanismes et usages en Afrique, avant d’aborder les avantages et les avancées de l’IA dans la société et au sein de nos rédactions.
« L’IA n’a pas de conscience, le journaliste, si. » Cette phrase de Jérôme Ribeiro, représentant du CONIIA, a rappelé aux participants que derrière la technologie, l’intelligence humaine reste irremplaçable.
Transformer le journaliste en « éditeur augmenté »
Transformer le journaliste en « éditeur augmenté »
Les ateliers pratiques suivront ensuite, portant sur la manipulation des assistants rédactionnels, la vérification des contenus générés par l’IA et l’identification des biais algorithmiques. L’objectif est de libérer le journaliste des tâches chronophages afin qu’il puisse se recentrer sur l’enquête, l’analyse et le travail de terrain, tout en augmentant sa productivité en moins de temps.
Pour Aimé Serge Boulingui, président du RENAJI, la modernisation de la presse gabonaise ne peut se faire sans déontologie. « L’IA peut accélérer la production, mais si elle est mal utilisée, elle peut amplifier les fake news », rappelle-t-il. Transparence envers le lecteur, exactitude, impartialité, indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et responsabilité demeurent les piliers de la crédibilité médiatique.
Ce séminaire s’inscrit dans un mouvement plus large de professionnalisation des médias africains, prolongeant des initiatives comme la formation sur le rôle du journaliste en période de transition politique organisée en 2024 à Mouila avec l’appui de l’UNOCA et de la Haute Autorité de Communication (HAC).
En combinant expertise humaine et outils intelligents, le Gabon se positionne comme précurseur régional de la transition numérique. Dans un contexte où la régulation des contenus sur les réseaux sociaux devient essentielle, la presse gabonaise entend piloter la révolution technologique plutôt que la subir.
Avec l’IA l’information circulera plus vite, mais l’intelligence restera, plus que jamais, humaine.
Ethan De Sillon
