Pris pour cible ces derniers jours sur la composition de son cabinet et la gestion des moyens municipaux, le maire de Libreville, Pierre Mathieu Obame Etoughe, sort de sa réserve. Face aux accusations, l’édile défend ses choix, revendique ses réformes et réaffirme son engagement à appliquer la feuille de route fixée par les plus hautes autorités de la République.
Le maire se dit surpris par les critiques portant sur la taille supposée excessive de son cabinet. Certains évoquent la nomination de 186 collaborateurs. Une affirmation qu’il dément fermement.
« Mon cabinet compte 36 conseillers. C’est un chiffre vérifiable », assure-t-il, dénonçant des attaques qu’il juge infondées. Selon lui, ces polémiques détournent l’attention de la réforme engagée au sein de l’administration municipale.
Depuis sa prise de fonction, Pierre Mathieu Obame Etoughe affirme avoir lancé une réorganisation du cabinet afin d’en améliorer l’efficacité et de mettre fin à certaines pratiques jugées incompatibles avec une administration moderne.
Le cabinet a été restructuré autour de départements pour renforcer le suivi du travail et la responsabilité des collaborateurs. Le maire rappelle qu’auparavant certains conseillers pouvaient s’absenter plusieurs mois sans véritable contrôle, une situation qu’il dit avoir décidé de corriger.
Dans cette dynamique de rationalisation, les émoluments des chargés d’études et de missions ont également été revus à la baisse. Ces mesures seront soumises à l’examen du prochain Conseil municipal de Libreville.
Autre sujet de tension, les moyens financiers alloués aux mairies d’arrondissement. Certains élus jugent insuffisante l’enveloppe de 70 millions de francs CFA. Le maire précise que les maires d’arrondissement exercent avant tout une mission de représentation du maire central, principalement centrée sur la gestion de l’état civil. Les autres compétences nécessitent une délégation spécifique.
L’enveloppe évoquée correspond ainsi aux crédits de fonctionnement courant. Pierre Mathieu Obame Etoughe souligne par ailleurs que ce montant a été revalorisé, passant de 60 à 70 millions de francs CFA.
L’édile affirme qu’il n’existe aucune opposition entre les différentes entités municipales et assure que tous les responsables locaux travaillent au développement et à l’embellissement de Libreville.
Au-delà de ces polémiques, le maire met en avant les priorités de son action notamment la digitalisation de l’administration municipale, la maîtrise de la masse salariale et l’augmentation des recettes.
Dans cette optique, la mairie collabore avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). Le processus de digitalisation serait déjà réalisé à près de 70 %.
Cette modernisation a permis de révéler d’importantes irrégularités. Selon le maire, près de 300 agents fictifs ont été retirés des effectifs municipaux, une opération présentée comme une étape majeure dans l’assainissement des finances de la ville.
Malgré les critiques, Pierre Mathieu Obame Etoughe affirme vouloir poursuivre ses réformes avec constance, déterminé à inscrire Libreville dans une dynamique de gouvernance plus rigoureuse, et où il fait bon vivre pour les populations.
Jean 1er
