274 détenus libérés à Libreville : la justice corrige ses erreurs

La scène était rare, presque irréelle ce lundi 16 mars 2026 pour ces 274 détenus qui ont quitté la maison d’arrêt de Libreville en hommes et femmes libres. Parmi eux, 266 hommes et 8 femmes avaient été maintenus en détention irrégulière. Certains avaient déjà purgé leur peine, tandis que d’autres attendaient toujours leur jugement, malgré l’expiration des délais légaux.

La remise des certificats de libération a été effectuée par le ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des droits humains, Augustin Émane. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs autorités judiciaires et pénitentiaires, dont l’inspecteur général des services du ministère, Appolinaire Ondo Mve, le procureur général près la cour d’appel de Libreville, Eddy Minang, et le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Fabrice Dick Boungou.

Pour les bénéficiaires, l’émotion était palpable. « Nous pensions avoir été oubliés », confiait l’un d’eux, encore marqué par son passage en détention.

Ces libérations font suite à une enquête administrative ordonnée par le ministère de la Justice. Alertées par les responsables pénitentiaires, les autorités ont identifié plusieurs cas de détention contraires aux règles de procédure. Une commission, pilotée par l’Inspection générale des services, a examiné les dossiers et confirmé l’existence de nombreuses irrégularités. Face à ce constat, la libération des détenus concernés s’est imposée.

Selon le garde des Sceaux, cette opération s’inscrit dans la dynamique de réforme de la justice engagée depuis sa nomination le 1er janvier 2026, conformément aux orientations du chef de l’État, qui placent le respect de l’État de droit et des droits humains au cœur des priorités. « Parfois, les règles de procédure sont violées par nous-mêmes. Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’appliquer la loi », a-t-il reconnu.

Après Libreville, l’opération devrait s’étendre à tous les établissements pénitentiaires du pays.

Cette libération massive met en lumière les failles d’un système judiciaire confronté à ses propres limites. Reste à savoir si cette prise de conscience se traduira par des réformes durables, ou si d’autres détenus continueront à attendre que la justice rattrape enfin le rythme de la loi.

Ethan De Sillon

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