Justice gabonaise : le SYNAMAG lance un appel à l’action

Magistrat administratif en poste à Oyem, Landry Abaga Essono préside, depuis octobre 2024, le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG). Son parcours témoigne d’un engagement constant en faveur de la dignité des magistrats et de l’indépendance de la justice.

Porté par la confiance de ses pairs, il entend donner à son mandat une traduction concrète. Le bureau exécutif qu’il dirige s’appuie ainsi sur un programme structuré autour de trois priorités majeures : la dignité, l’indépendance et l’équité.

Pour le syndicat, la dignité du magistrat suppose des conditions de vie et de travail décentes. Or, si des textes encadrent ces exigences, leur application demeure insuffisante, alimentant un malaise croissant au sein du corps judiciaire.

En janvier 2025, les magistrats ont engagé un mouvement de grève, suspendu en mars à la suite de la mise en place d’un cadre de concertation avec le gouvernement. Cependant, un an plus tard, le constat est sans équivoque, les engagements pris n’ont pas été respectés.

Face à cette inertie, le SYNAMAG a présenté, au début de l’année 2026, un cadre stratégique visant à refonder le système judiciaire. Celui-ci repose sur deux axes principaux : d’une part, l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats ; d’autre part, la mise en œuvre d’un programme national d’éducation juridique destiné à mieux informer les citoyens de leurs droits. Cette initiative vise à renforcer le lien entre la justice et la population.

Dans cette même dynamique, le syndicat propose l’instauration d’une « Journée du magistrat », poursuivant un triple objectif celui de valoriser la fonction, consolider la cohésion du corps judiciaire et rapprocher davantage la justice des citoyens.

Par ailleurs, le SYNAMAG déplore l’absence de cap clair dans la conduite des politiques publiques en matière judiciaire. L’action du ministère est jugée peu lisible, davantage réactive que véritablement structurée. Le bilan des « 100 jours » est ainsi perçu comme une occasion manquée.

Le syndicat souligne également un déséquilibre dans l’action publique : tandis que certains secteurs bénéficient de réformes soutenues, la justice peine à connaître une évolution significative.

Pour les magistrats, cette situation envoie un signal préoccupant. Une justice négligée fragilise l’État de droit et érode la confiance des citoyens.

Dès lors, le SYNAMAG appelle les autorités à dépasser le stade des déclarations d’intention pour engager des réformes concrètes, cohérentes et ambitieuses. Car une République forte ne saurait se construire sans une justice indépendante, efficace et respectée.

Ethan De Sillon

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