Libreville : Les parquetiers en première ligne contre les avoirs criminels

Sous l’égide du parquet général près la Cour d’appel judiciaire, en partenariat avec le PNUD et l’Ambassade de France, la deuxième conférence des parquetiers a ouvert ses portes ce vendredi 3 avril  2026. Un événement stratégique visant à renforcer les mécanismes de recouvrement des avoirs criminels, face à la montée en puissance de la criminalité financière. Les travaux se poursuivent aujourd’hui, 4 avril, avec des résultats concrets attendus pour renforcer le dispositif judiciaire du Gabon.

Au cœur des débats, un impératif majeur, ne plus se contenter de condamner, mais de confisquer les fruits du crime. Le Dr Eddy Minang, procureur général près la Cour d’appel de Libreville, l’a martelé dès l’ouverture  « Le recouvrement des avoirs criminels est un axe stratégique de l’action pénale. Nous devons aller jusqu’au bout de l’action judiciaire, pour que le crime ne paye plus ». Selon lui, l’efficacité de la justice pénale repose désormais sur sa capacité à frapper là où ça fait mal  notamment dans les finances des criminels.

Alain Ayadokoun, représentant du PNUD au Gabon, a souligné l’importance du recouvrement comme outil de justice, mais aussi de développement. « Chaque bien récupéré est une ressource pour le pays », a-t-il affirmé. Ces fonds pourraient en effet servir à financer des services publics essentiels, renforçant ainsi l’infrastructure économique et sociale du Gabon.

Loin de se limiter à une question de sanctions, cette conférence place au centre de ses préoccupations la réinjection des avoirs criminels dans l’économie légitime, créant ainsi un cercle vertueux où la lutte contre la criminalité se transforme en moteur de croissance.

Un autre enjeu fondamental de la conférence est la coopération internationale. Alain Ayadokoun et le ministre de la Justice, Augustin Emane, ont tous deux insisté sur la nécessité d’unir les forces pour mieux lutter contre les réseaux transnationaux de blanchiment d’argent. Harmoniser les pratiques des parquets, mieux partager les informations et les ressources, tel est le défi auquel le Gabon et ses partenaires internationaux doivent faire face.

Pour le ministre de la Justice, « cette rencontre doit permettre de doter les magistrats des outils nécessaires pour agir avec plus de réactivité et de précision ». C’est ainsi que, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le pays entend faire de la lutte contre la corruption une priorité stratégique.

Le soutien de la France et du PNUD a été déterminant. Claire Le Maner, procureur près le Parquet financier de France, a partagé son expertise, apportant des éclairages précieux sur les mécanismes de saisie et de confiscation des biens criminels. Cet échange d’expérience enrichit le dispositif gabonais, renforçant ainsi son efficacité face à la criminalité financière.

À l’issue de cette conférence, les autorités gabonaises attendent des résultats concrets. L’enjeu est de renforcer les compétences locales, dynamiser la coopération internationale et, surtout, récupérer les avoirs criminels pour les réinjecter dans le système économique du pays.

Ces deux jours de débats et de partages d’expertise, qui s’achèveront ce samedi 4 avril, devraient marquer un tournant décisif dans la lutte contre le crime organisé au Gabon.

La deuxième conférence des parquetiers de Libreville n’est pas simplement un événement judiciaire, c’est un signal fort envoyé par le Gabon. La lutte contre la criminalité financière et le recouvrement des avoirs criminels ne sont plus des priorités secondaires, mais des enjeux essentiels pour renforcer l’État de droit, moraliser la vie publique et favoriser le développement.

Le Gabon se positionne résolument comme un acteur de premier plan dans cette bataille mondiale contre la corruption et les activités illégales, et la route vers une justice plus forte semble désormais tracée.

Jean 1er

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