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POLITIQUE / Réforme des Partis au Gabon : La Vérité derrière le Brouillard Médiatique selon JMP

Depuis plusieurs semaines, la réforme du cadre juridique des partis politiques au Gabon est au centre de toutes les passions. Entre débats houleux sur les plateaux et vagues d’indignation sur les réseaux sociaux, la confusion règne. Pourtant, au-delà des interprétations partisanes, que dit réellement la loi ? Joachim Mbatchi Pambou, Président du Forum pour la Défense de la République (FDR) et candidat à la présidentielle de 2023, livre une lecture froide et juridique d’un texte qui, selon lui, vise moins à exclure qu’à exiger.

​L’opinion publique s’est emparée d’une idée fixe : la réforme serait une machine de guerre destinée à radier massivement les formations politiques existantes. Une lecture que Joachim Mbatchi Pambou qualifie de « méconnaissance » ou d’« interprétation délibérément orientée ». Pour comprendre l’enjeu, il faut scinder la réalité en deux blocs distincts : les partis déjà reconnus et ceux qui aspirent à le devenir.

​Pour les partis légalement constitués, le mot d’ordre n’est pas la dissolution, mais la mise en conformité. À travers les articles 36, 37 et 72, le législateur pose des balises qui relèvent du bon sens organisationnel. L’article 36 impose des statuts à jour et des organes dirigeants clairs. L’article 37, lui, s’attaque à la transparence administrative, un siège identifiable et une gestion financière encadrée. Enfin, l’article 72 organise la transition en accordant un délai de grâce. Rien, dans ces dispositions, ne s’apparente à une restriction des libertés. Il s’agit simplement d’exiger des acteurs politiques un minimum de sérieux. Le temps des « partis-valises », sans base ni bureau, semble bel et bien révolu.

​Le point de friction majeur reste l’exigence des 10 000 adhérents munis d’un Numéro d’Identification Personnel (NIP). C’est ici que la désinformation est la plus fertile. « Une évidence s’impose. Les partis légalement constitués ne sont nullement soumis à cette exigence », martèle le président du FDR.

​Ce seuil de 10 000 membres est un verrou qui ne concerne que les partis en voie de légalisation. Ce choix n’est ni anodin, ni arbitraire. Il répond à une pathologie bien gabonaise, la prolifération de partis sans aucune base populaire, réduits à des instruments de négociation individuelle. En imposant ce quota réparti sur l’ensemble du territoire, la loi force les nouveaux prétendants à prouver leur représentativité nationale avant de prétendre à la gestion de la cité. C’est le passage d’une politique de dispersion à une politique de crédibilité.

​Si cette réforme dérange, c’est sans doute parce qu’elle « oblige ». Elle ne ferme pas l’espace démocratique ; elle en rehausse les standards. Dans un contexte de Transition où la refondation des institutions est le maître-mot, l’assainissement de la vie politique apparaît comme un préalable indispensable. Le pluralisme ne doit pas être confondu avec l’anarchie. Pour être consistant, il doit s’appuyer sur des institutions fortes, transparentes et ancrées dans la réalité du terrain.

​La confusion actuelle, alimentée par des commentaires basés sur des versions obsolètes du texte, nuit à la qualité du débat républicain. En matière de droit, seule la loi promulguée fait foi. En définitive, cette réforme redéfinit les règles du jeu. Elle impose de la rigueur là où régnait parfois le flou artistique.

Pour Joachim Mbatchi Pambou, le diagnostic est clair. Dans un climat de défiance envers la classe politique, cette exigence est non seulement légitime, mais vitale. Pour que la démocratie gabonaise gagne en maturité, elle doit d’abord accepter de s’ancrer dans la vérité des textes.

A.L

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