À quelques jours du renouvellement de l’instance exécutive de la Fédération Gabonaise de Football, prévu le 18 avril, Sylvestre Engohang Obiang tire la sonnette d’alarme.
Ancien manager financier de la fédération durant sept ans, ex-administrateur de la Linafpi et actuel secrétaire général de l’Union sportive d’Oyem, il connaît les rouages du football national. Son constat est net : la crise que traverse le football gabonais est avant tout structurelle.
En août 2025, il annonçait sa candidature à la présidence de la fédération. Il y renonce finalement. En cause : les statuts issus du congrès de juin 2020, qu’il juge contraires aux principes de légalité et d’équité.
Selon lui, ces textes rendent le processus électoral inopérant. « Aucun candidat ne peut réellement répondre aux exigences fixées », estime-t-il.
Dès lors, participer reviendrait à cautionner un système biaisé. Il choisit donc de se retirer et de contester les fondements juridiques de l’élection.
Face à la candidature de Pierre-Alain Mounguengui, Engohang Obiang refuse toute personnalisation du débat. Il s’attaque à l’organisation même de la gouvernance.
À ses yeux, le scrutin du 18 avril ne peut produire aucun changement durable. « Ces élections ne régleront pas les problèmes de fond », prévient-il.
L’un des points centraux de sa critique concerne le congrès du 29 juin 2020. Celui-ci aurait été tenu hors délai statutaire, normalement fixé à fin mars. Pour lui, cette irrégularité invalide les décisions adoptées, y compris les nouveaux statuts et la mise en place des organes électoraux.
Autre sujet d’inquiétude : la gestion financière. Engohang Obiang dénonce l’absence de mécanismes de contrôle efficaces. Il appelle à instaurer des bilans systématiques après chaque événement sportif afin d’évaluer l’exécution des budgets.
Une exigence de transparence qu’il juge essentielle pour restaurer la crédibilité de l’institution.
Il pointe également la responsabilité des membres de la fédération. Clubs, ligues et associations ne respecteraient pas leurs obligations, notamment le paiement des cotisations.
Malgré cela, ils participent aux prises de décision. Une situation qu’il considère incohérente et préjudiciable à la gouvernance du football.
Dans ce contexte, le rôle des autorités publiques devient central. Après avoir évoqué l’illégalité de plusieurs fédérations, le ministère des Sports est désormais interpellé. Pourquoi maintenir le processus électoral sans clarification préalable ? Une demande d’audience a été déposée. Elle reste, pour l’heure, sans réponse.
Au-delà de l’échéance électorale, Engohang Obiang appelle à une réforme en profondeur.
Revoir les textes. Réorganiser les structures de base. Assainir la gouvernance. Sans cette refondation, prévient-il, le football gabonais continuera de s’enliser.
Car au-delà des instances, c’est l’avenir des jeunes qui est en jeu. Le football demeure un vecteur d’espoir et d’ascension sociale. Mais cet espoir s’effrite face aux dysfonctionnements actuels.
À l’approche du 18 avril, une interrogation persiste. Ce scrutin marquera-t-il un renouveau… ou prolongera-t-il l’impasse ?
Ethan De Sillon
