Au CFPP Basile Ondimba, la situation est au bord de l’implosion. Depuis décembre 2025, un mouvement de grève, lancé par les syndicats de la formation professionnelle (Syfop et Synepfop), paralyse l’établissement. Les enseignants ont laissé la craie pour dénoncer des conditions de travail dégradantes et réclamer le paiement intégral de leurs vacations. Mais au-delà de la question salariale, ce sont les fondamentaux de la formation professionnelle qui sont aujourd’hui remis en cause.
Cinq mois d’immobilisme. Cinq mois durant lesquels les autorités compétentes, visiblement indifférentes aux appels désespérés des syndicats, restent muettes. Le président du Syfop, Prince Prospère Engonga, est formel « Aucune reprise des cours ne sera possible tant que nos revendications ne seront pas satisfaites« . La situation est d’autant plus grave qu’elle touche les étudiants en plein cœur de leur parcours. En l’absence de formation, c’est leur avenir académique et professionnel qui se trouve suspendu.
Les revendications des grévistes sont pourtant légitimes et urgentes. Le paiement des vacations, notamment pour le Diplôme de Technicien Supérieur (DTS), ainsi que la mise à disposition des matières d’œuvre nécessaires pour les plateaux techniques, figurent en tête des priorités. Des demandes qui, bien que fondamentales, sont aujourd’hui ignorées par ceux qui sont censés garantir le bon fonctionnement du système éducatif.
Les étudiants, eux, se retrouvent pris en otages dans un conflit qu’ils ne maîtrisent pas. Privés de cours depuis trop longtemps, leur formation semble se déliter jour après jour. Et l’absence de réactivité des autorités laisse planer un doute grandissant , l’année scolaire pourra-t-elle être sauvée ? Dans un secteur déjà fragilisé, où les débouchés sont rares, ce manque de formation pourrait leur coûter cher, mettant à mal leurs chances de succès sur le marché de l’emploi.
La crise ne concerne pas uniquement le CFPP Basile Ondimba. Elle met en lumière les faiblesses structurelles d’un système de formation professionnelle largement délaissé par les pouvoirs publics. La formation professionnelle, pourtant essentielle pour la compétitivité économique du pays, ne bénéficie ni des investissements nécessaires ni de l’attention qu’elle mérite. Le résultat est là : des établissements comme Basile Ondimba, pourtant piliers du système, risquent de sombrer dans l’oubli.
La balle est désormais dans le camp des autorités. Si aucune solution rapide et satisfaisante n’est trouvée, l’impact de cette crise pourrait être irrémédiable. Ce n’est pas seulement l’avenir des étudiants qui est en jeu, mais aussi celui de la formation professionnelle dans son ensemble.
Les autorités doivent rompre leur rhétorique et engager le pragmatisme sincère et constructif. Ce n’est qu’à ce prix que l’on pourra éviter une année blanche et sauver l’espoir d’une génération d’étudiants en quête de compétences et de succès.
L’année scolaire 2025-2026 semble aujourd’hui suspendue à un fil. Le temps presse et chaque jour sans solution rapproche un peu plus le CFPP Basile Ondimba d’une paralysie totale. Les étudiants attendent, le pays aussi. La formation professionnelle mérite mieux que le silence et l’inertie des responsables
Ethan De Sillon
