Essassa : régularisation foncière, tarifs sociaux et grande transformation urbaine, ce que change vraiment la nouvelle mesure gouvernementale

Depuis le 1er février 2026, une vaste opération de régularisation foncière est engagée à Essassa, en périphérie de Libreville. Portée par le ministère du Logement, sous l’impulsion de Mays Mouissi et validée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative ambitionne d’apporter une réponse juste et structurée aux situations des occupants ayant bâti de bonne foi sur des terrains relevant de la Société Nationale Immobilière (SNI).

Face aux nombreuses interprétations et aux rumeurs qui circulent, il apparaît nécessaire de rappeler avec précision les contours de cette mesure.

La régularisation concerne exclusivement les parcelles déjà occupées et bâties. Sont donc éligibles les constructions achevées ou en cours de finition, implantées sur des terrains dont la superficie n’excède pas 4 999 m². Les terrains nus ou simplement bornés sont formellement exclus du dispositif. Cette précision, confirmée par les communications officielles de la SNI, met fin aux confusions observées.

Le dispositif s’accompagne de tarifs dits « sociaux », nettement inférieurs aux standards habituels du marché foncier. 600 000 FCFA pour les parcelles allant jusqu’à 2 000 m² et 1 200 000 FCFA pour celles comprises entre 2 000 et 4 999 m². Ces montants traduisent une volonté politique affirmée de faciliter l’accès à la propriété. Toutefois, ils sont limités dans le temps et ne seront applicables que jusqu’au 31 mai 2026, date de clôture de la phase sociale.

Au cœur du dispositif se trouve une logique de justice sociale. Sécuriser les droits des familles ayant construit sans intention spéculative ni fraude foncière. L’objectif n’est pas la sanction ni la démolition, mais la délivrance de titres fonciers en bonne et due forme, garantissant aux occupants une propriété légalement reconnue et durablement protégée.

La SNI entend également encadrer strictement l’accès à la propriété afin d’éviter toute dérive spéculative. Il ne s’agit pas de permettre des acquisitions opportunistes destinées à la revente, mais bien de consolider un patrimoine foncier au bénéfice des ménages gabonais. Cette orientation vise à préserver l’équité du dispositif et à garantir que les terrains concernés profitent réellement aux familles résidentes.

Parallèlement à cette régularisation, la SNI développe un vaste programme d’aménagement urbain sur les zones d’Essassa et de Bikélé. Ce projet de ville nouvelle, pensé pour accueillir à terme environ 500 000 habitants, s’étend sur 1 700 hectares (dont 1 200 à Essassa et 500 à Bikélé). Il pourrait générer entre 20 000 et 30 000 parcelles viabilisées. Il s’agit de l’un des plus importants projets fonciers du pays, appelé à structurer durablement l’expansion urbaine de la capitale.

Le processus suit un échéancier précis, ouverture des guichets de régularisation le 1er février 2026, lancement de la commercialisation des 2 500 premières parcelles le 1er avril 2026 à 5 500 FCFA/m², puis fin de la période des tarifs sociaux le 31 mai 2026. Au-delà de cette date, les conditions préférentielles ne seront plus applicables.

Loin des interprétations contradictoires, cette opération s’inscrit dans une démarche de clarification et de sécurisation foncière. Elle vise à reconnaître les situations existantes, à protéger les familles concernées et à structurer l’avenir urbain de la zone d’Essassa-Bikélé. À travers ce dispositif, les autorités entendent concilier justice sociale, discipline foncière et planification urbaine, dans un cadre défini et limité dans le temps.

Jean 1er

 

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