À deux mois de la date butoir, le constat est sans appel. La réforme des partis politiques peine à mobiliser. Sur 102 formations recensées, à peine dix ont déposé leur dossier de mise en conformité. Un chiffre faible. Presque inquiétant.
Le ministère de l’Intérieur a pourtant fixé un cap clair. Le 27 juin marque la limite. Après cette date, la loi s’appliquera sans exception. Le message est ferme. Le ton aussi.
Dans ce paysage encore hésitant, quelques partis ont pris les devants. le Mouvement démocratique pour la justice sociale (MDJS), l’Union progrès démocratie (UPD), Les Démocrates (LD), le Parti Sept Merveilles pour le Peuple (7MP), l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ainsi que le Parti démocratique gabonais (PDG). À cette liste s’ajoutent le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), le Front démocratique gabonais (FDG), la Coordination républicaine indépendante (CRI) et l’Union pour la République (UPR) figurent parmi les premiers à se conformer. Une minorité active dans une majorité silencieuse.
Pourquoi ce retard ? La réforme impose des critères précis. Un siège officiel. Un compte bancaire. Un projet de société structuré. Des exigences qui visent à assainir et professionnaliser le champ politique. Mais pour de nombreuses formations, ces conditions restent difficiles à remplir. Manque de moyens, d’organisation ou de volonté politique. Les obstacles sont multiples.
Derrière cette réforme, un enjeu majeur se dessine. Réduire la prolifération des partis sans réelle assise. Renforcer la crédibilité des acteurs politiques. Structurer durablement la vie démocratique.
Face à l’inertie, les autorités haussent le ton. L’appel est lancé. Pressant. Les partis doivent se manifester. Sans quoi, ils risquent tout simplement de disparaître du paysage légal.
Le compte à rebours est engagé. Et pour beaucoup, le temps commence à manquer.
Edouard Dure
