Le 12 mai 2026 à Kampala, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie gabonaise. En assistant personnellement à l’investiture présidentielle ougandaise au Kololo Ceremonial Grounds, le chef de l’État a confirmé son ambition de faire du Gabon un acteur influent des équilibres africains. Entre coopération stratégique, vision panafricaine et offensive diplomatique, l’axe Libreville–Kampala s’impose désormais comme l’un des partenariats émergents du continent.
Le tapis rouge de Kampala n’a pas seulement accueilli un dirigeant africain supplémentaire ; il a surtout consacré une orientation diplomatique assumée par Libreville depuis près de deux ans. À travers cette présence hautement symbolique, le président Oligui Nguéma a adressé un message traduisant la volonté des autorités gabonaises de voir le Gabon jouer pleinement sa partition dans les dynamiques politiques, économiques et sécuritaires africaines.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la visite officielle effectuée à Entebbe les 1er et 2 août 2024, considérée comme le véritable point de départ du rapprochement entre le Gabon et l’Ouganda. Depuis cette rencontre, les relations bilatérales ont connu une accélération notable sur les plans institutionnel, économique et humain.
Une étape importante a été franchie en septembre 2025 avec l’accréditation du nouvel ambassadeur ougandais à Libreville, consolidant ainsi le dialogue politique entre les deux États. Parallèlement, l’engagement de la Première Dame gabonaise dans plusieurs initiatives consacrées à la santé féminine a donné une dimension sociale et humaine à cette coopération naissante.
Au fil des échanges, quatre secteurs stratégiques se sont progressivement imposés comme les piliers de ce partenariat.
D’abord, l’agriculture occupe une place centrale. L’Ouganda, reconnu pour ses performances dans les cultures vivrières et son expertise agricole, accompagne désormais le Gabon dans ses efforts visant à renforcer sa sécurité alimentaire, devenue un enjeu majeur pour de nombreux États africains.
Ensuite, la défense et la sécurité constituent un second axe prioritaire. Libreville et Kampala ont engagé un dialogue régulier autour de la formation militaire, du partage d’expériences opérationnelles et du renforcement des capacités sécuritaires, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants.
La santé représente également un volet essentiel de cette coopération. Les deux pays développent des projets communs en faveur de la santé maternelle et infantile, avec l’objectif d’améliorer les systèmes sanitaires et l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Enfin, le commerce et l’investissement apparaissent comme des leviers déterminants du rapprochement entre les deux capitales. Le Gabon et l’Ouganda ambitionnent d’intensifier les échanges économiques entre l’Afrique centrale et la région des Grands Lacs, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques des deux pays.
À travers cette diplomatie de terrain, le président Oligui Nguéma imprime progressivement une nouvelle méthode fondée sur la présence directe, le dialogue permanent et des partenariats africains pragmatiques. Loin d’une diplomatie strictement protocolaire, Libreville privilégie désormais une stratégie d’influence continentale articulée autour de la coopération concrète et de la proximité politique.
La séquence de Kampala marque surtout l’affirmation d’une ambition : celle de voir le Gabon compter parmi les nations qui participent activement à la construction de l’Afrique de demain. En consolidant l’axe Libreville–Kampala, le chef de l’État dessine les contours d’un Gabon plus présent sur la scène africaine, davantage connecté aux grands enjeux du continent et résolument tourné vers une diplomatie d’influence durable.
Jean 1er
