Le Gabon confirme son avance industrielle dans la sous-région. Selon un classement de la Banque africaine de développement (BAD), le pays demeure le leader industriel d’Afrique centrale, devant la Guinée équatoriale et le Cameroun.
Cette performance n’est pas le fruit du hasard. Depuis le coup de libération, les autorités gabonaises ont engagé une politique volontariste visant à transformer localement les matières premières. L’objectif est de produire davantage de richesse sur le territoire national et limiter les exportations de ressources à l’état brut.
Les résultats sont visibles. Le secteur industriel représente entre 53 % et 63 % du produit intérieur brut selon les estimations disponibles. Une proportion exceptionnelle qui témoigne du poids de l’industrie dans l’économie nationale.
Le pétrole demeure la colonne vertébrale de l’économie gabonaise. Il contribue à près de 45 % du PIB, génère environ 80 % des recettes d’exportation et assure près de 60 % des recettes fiscales.
Cette domination des hydrocarbures constitue à la fois une force et une vulnérabilité. Elle permet au pays de maintenir son dynamisme industriel, tout en l’exposant aux fluctuations des cours mondiaux.
Le Gabon ne compte cependant plus uniquement sur le pétrole. Le pays est devenu un acteur incontournable du marché mondial du manganèse. Quatrième producteur de la planète, il ambitionne désormais de transformer localement une part croissante de sa production d’ici 2029.
La filière bois illustre également cette volonté de montée en gamme. L’interdiction d’exporter les grumes a favorisé l’émergence d’une industrie de transformation performante. Soutenue par la Zone économique spéciale de Nkok, cette stratégie permet d’exporter des produits à plus forte valeur ajoutée et de créer davantage d’emplois.
L’agriculture progresse lentement mais reste marginale dans la structure économique du pays. Quant à la pêche, son potentiel demeure largement sous-exploité malgré l’abondance des ressources halieutiques.
Ces secteurs représentent des relais de croissance essentiels pour réduire la dépendance aux industries extractives et renforcer la résilience de l’économie nationale.
Clemy
