Près d’une décennie après l’effondrement de PosteBank SA, qui a laissé des milliers de clients privés de leurs économies, le dossier entre enfin dans sa phase la plus attendue. Du 8 au 11 juin 2026, les autorités gabonaises ont lancé une vaste opération de recensement des créanciers, première étape concrète vers l’indemnisation de quelque 60 000 épargnants. Un tournant majeur dans l’un des plus importants contentieux financiers de l’histoire récente du Gabon.
Pendant neuf longues années, l’espoir des victimes de la faillite de PosteBank SA s’est nourri de promesses, d’annonces et d’engagements sans lendemain. Aujourd’hui, pour la première fois depuis la fermeture de l’établissement bancaire en 2017, une perspective tangible de remboursement se dessine.
Dans l’ensemble du pays, les bureaux de La Poste accueillent depuis le 8 juin les anciens clients de la banque dans le cadre d’un recensement national destiné à identifier avec précision les détenteurs de créances. Cette opération, qui s’achève le 11 juin, constitue le point de départ d’un processus d’indemnisation attendu par près de 60 000 déposants.
L’ampleur du dossier donne la mesure du défi. Le passif global laissé par la faillite est évalué à 72,366 milliards de FCFA. Derrière ce chiffre vertigineux se cachent des milliers de destins bouleversés : familles privées de leurs économies, entrepreneurs contraints d’abandonner leurs projets, retraités plongés dans l’incertitude et investisseurs brutalement freinés dans leurs ambitions.
Selon les données officielles, l’État prévoit de mobiliser 31,212 milliards de FCFA afin de rembourser les créances des particuliers. Le mécanisme retenu repose sur un étalement des paiements sur trois ans, chaque année correspondant au versement d’un tiers des montants dus.
Les entreprises, elles aussi lourdement impactées par la disparition de PosteBank SA, détiennent des créances estimées à 41,154 milliards de FCFA. Au total, ce sont plus de 72 milliards de FCFA que les pouvoirs publics devront progressivement injecter pour solder ce passif historique.
Longtemps évoqué sous l’ancien régime sans jamais connaître de traduction concrète, le remboursement des épargnants avait été réaffirmé par les nouvelles autorités en février 2025. Le lancement effectif du recensement marque ainsi le passage d’une promesse politique à une action administrative tangible.
Pour de nombreux déposants, cette étape représente bien plus qu’une formalité. Elle ravive l’espoir de tourner enfin la page d’un traumatisme financier qui a profondément ébranlé la confiance dans le système bancaire national. Après des années de silence, d’attente et parfois de résignation, les victimes aperçoivent enfin une lueur au bout du tunnel.
Ethan De Sillon
