Invité de GinewsExpress, le commissaire lieutenant-colonel Loïc Ossiba, directeur adjoint de la Solde, a apporté des clarifications attendues sur l’opération de règlement des rappels de soldes engagée par les autorités. Une prise de parole destinée à lever les zones d’ombre autour d’un dossier sensible, au cœur des préoccupations des agents publics.
D’emblée, le responsable a rappelé une distinction essentielle. La solde correspond à la rémunération régulière versée aux fonctionnaires, tandis que les rappels de soldes renvoient à des droits financiers acquis mais non encore payés dans les délais réglementaires. Ces sommes résultent généralement de situations administratives courantes, avancements, prises de service, changements de grade ou encore régularisations statutaires.
Selon les précisions apportées, l’origine de cette opération remonte à juillet 2024, lors d’une rencontre entre le président de la République et les partenaires sociaux. À cette occasion, les organisations syndicales ont mis en lumière l’existence d’une dette accumulée au fil des années au profit des agents de l’État.
Face à cette interpellation, les services compétents notamment la Direction générale du Budget, la Comptabilité publique, le Trésor, l’Aninf et les partenaires sociaux ont conduit une évaluation technique approfondie. Celle-ci a permis de chiffrer l’encours global à environ 106 milliards de francs CFA, représentant près de onze années d’arriérés.
Abordant un point souvent source de confusion, Loïc Ossiba a également précisé que les dossiers de rappels de soldes font l’objet d’un traitement sur demande des intéressés. Autrement dit, chaque situation est examinée dans le cadre des procédures administratives normales, à partir des requêtes introduites par les agents concernés.
Cette opération revêt une dimension sociale importante. Elle traduit la volonté des autorités d’apurer progressivement une dette ancienne tout en préservant un principe d’équité dans le traitement des bénéficiaires.
Pour les agents publics, il s’agit d’une attente de longue date. Pour l’État, d’un exercice d’équilibre délicat entre respect des engagements et contraintes budgétaires. Dans ce contexte, les rappels de soldes cessent d’être perçus comme de simples arriérés techniques pour devenir un enjeu de confiance entre l’administration et ses personnels.
Avec ce calendrier de paiement structuré, les autorités entendent envoyer un signal clair, celui d’un État qui reconnaît ses engagements passés et s’efforce de les honorer dans un cadre organisé, soutenable et transparent.
Il convient de rappeler que le service de la solde assure pleinement l’exercice de ses missions régaliennes. Celles-ci ne se limitent pas au versement mensuel des rémunérations, mais comprennent également le calcul, la vérification et le règlement des rappels de solde, conformément aux règles de gestion de la paie publique.
Ethan De Sillon
