Face à l’aggravation de la crise de l’eau potable, le gouvernement ajuste sa stratégie. Après les mesures conservatoires annoncées le 1er juillet, les autorités assouplissent leur dispositif tout en maintenant un encadrement rigoureux du secteur.
Placée sous les Très Hautes Instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, une série de consultations a conduit à une révision des modalités de distribution de l’eau. L’objectif est de répondre à une demande devenue critique tout en garantissant des prix accessibles aux populations.
Dans un premier temps, les autorités avaient ordonné l’immobilisation de 55 véhicules de livraison d’eau ainsi que la suspension provisoire de la commercialisation, conformément aux dispositions de l’article 159 de la loi n° 011/23. Cette décision exceptionnelle visait à répondre à l’urgence hydrique tout en réorganisant le secteur.
Cependant, les remontées du terrain ont rapidement mis en évidence les limites de ces mesures. Parlementaires, populations, opérateurs économiques et organisations de la société civile ont alerté sur les difficultés d’approvisionnement observées dans plusieurs quartiers. Le numéro vert mis en place s’est, lui aussi, révélé insuffisant face au volume des sollicitations.
Afin d’apporter une réponse adaptée à cette situation, les plus hautes autorités ont réuni, au Palais des Sports, les propriétaires des véhicules immobilisés. Les échanges, qualifiés de francs et constructifs, ont permis de mieux cerner les contraintes économiques auxquelles sont confrontés les livreurs d’eau et d’aboutir à des solutions conciliant intérêt général et viabilité de leurs activités.
À l’issue de cette concertation, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a autorisé la reprise de la livraison d’eau. Celle-ci sera désormais assurée conjointement par les Forces de défense et de sécurité préalablement désignées et les opérateurs privés.
De nouveaux tarifs réglementés entrent immédiatement en vigueur :
4 000 FCFA le mètre cube ;
2 000 FCFA pour 500 litres ;
800 FCFA pour 200 litres ;
400 FCFA pour 100 litres.
Ces nouveaux tarifs remplacent ceux annoncés précédemment. Ils s’accompagnent d’une importante mesure d’allègement en faveur des opérateurs, désormais exonérés des taxes habituellement perçues par les mairies ainsi que par les services des Transports et du Commerce.
Le gouvernement rappelle toutefois que cette reprise d’activité ne dispense pas les opérateurs du respect des dispositions réglementaires. Tous sont invités à engager les procédures d’homologation auprès de la Direction générale de l’Eau afin de se conformer aux exigences en vigueur.
Pour renforcer la prise en charge des besoins des populations, un nouveau dispositif d’assistance sera opérationnel à compter du vendredi 3 juillet 2026 à 7 heures. Les numéros verts suivants sont mis à la disposition des usagers :
18 : Corps des sapeurs-pompiers ;
181 : Génie militaire ;
182 : Garde républicaine ;
183 : Gendarmerie nationale ;
184 : Ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, exclusivement dédié au signalement du non-respect des tarifs officiels.
Cette révision traduit également une évolution dans la méthode gouvernementale. L’exécutif privilégie désormais la concertation aux seules contraintes administratives, dans le souci de concilier l’encadrement d’un marché sensible, la viabilité économique des opérateurs et le droit des populations à un accès équitable à l’eau potable.
À travers cette nouvelle étape, les autorités réaffirment leur volonté de maîtriser durablement la crise tout en adaptant leurs décisions aux réalités du terrain. Une approche qui illustre une gouvernance fondée sur la fermeté, le pragmatisme et le dialogue face à l’une des urgences les plus sensibles auxquelles le pays est aujourd’hui confronté.
Ethan De Sillon
