L’étau judiciaire s’est resserré autour de Ronald Minko Obiang. Au terme de plusieurs jours d’investigations menées par l’antenne anticriminalité de la Direction générale des Recherches (DGR), le surveillant général du marché de Mont-Bouët a été présenté, le vendredi 3 juillet, devant un magistrat instructeur du parquet de la République de Libreville.
Poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, cet agent de la mairie de Libreville a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. À ses côtés, Roger Rodrigue Essono, présenté comme un collaborateur extérieur, a également été inculpé, mais a bénéficié d’une liberté provisoire. Quant à Athanase M., troisième protagoniste cité dans le dossier, il comparaîtra libre pendant la poursuite de l’information judiciaire.
Les faits remontent au samedi 20 juin 2026, dans le quartier de La Peyrie. Ce jour-là, Souleymane Sacko, commerçant malien âgé de 58 ans, se trouve devant un chantier de construction, téléphone portable en main. À quelques mètres de lui, Ronald Minko Obiang procède à l’installation de balustres aux côtés de Roger Rodrigue Essono et d’Athanase M. Rien ne laisse alors présager le drame qui va se jouer.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois hommes pensent être filmés par le commerçant. Une simple suspicion qui va rapidement dégénérer. Ronald Minko Obiang aurait arraché le téléphone des mains de la victime avant d’ordonner à ses accompagnateurs de la rouer de coups. Gravement blessé, Souleymane Sacko est ensuite abandonné sur les lieux, sans recevoir la moindre assistance.
Alertés, les secours le transportent en urgence au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Mais les médecins ne peuvent que constater son décès à son arrivée.
L’annonce de sa mort provoque une vive émotion au sein de la communauté malienne ainsi que parmi de nombreux habitants de Libreville. En fin d’après-midi, proches, amis et fidèles se réunissent à la mosquée de la Campagne pour une prière mortuaire empreinte de recueillement.
Toutefois, contrairement aux rites habituellement observés, la dépouille n’est pas immédiatement inhumée. Sur réquisition de la justice, elle est transférée dans une maison de pompes funèbres afin qu’une autopsie soit pratiquée. Réalisé par un médecin légiste du CHUL en présence de la famille, l’examen médico-légal établit des conclusions qui confortent les témoignages recueillis par les enquêteurs et renforcent les soupçons pesant sur les principaux mis en cause.
Avec le placement sous mandat de dépôt du surveillant général du marché de Mont-Bouët, l’affaire entre dans une nouvelle phase judiciaire. Une évolution qui relance l’attention autour d’un dossier toujours suivi de près par l’opinion publique.
Edouard Dure/ source, union
