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Accord d’Addis-Abeba : le Gabon refuse les « interprétations biaisées de Malabo » et suspend le processus de dialogue

Alors que le Gabon et la Guinée équatoriale semblaient engagés sur la voie d’un règlement apaisé de leur différend frontalier, une nouvelle polémique vient raviver les tensions. En cause, des interprétations opposées de l’accord signé le 28 juillet 2026 à Addis-Abeba, sur fond de bataille de communication autour du dossier sensible de l’île Mbanié.

Le climat de confiance patiemment construit entre Libreville et Malabo est de nouveau fragilisé. Alors que les deux États affichaient leur volonté de tourner la page de plusieurs décennies de contentieux, une nouvelle crise diplomatique vient assombrir les perspectives.

À l’origine de cette rupture, les autorités gabonaises dénoncent une présentation jugée trompeuse de l’accord conclu sous l’égide de l’Union africaine. Selon Libreville, Malabo a laissé croire que le Gabon aurait accepté de céder des territoires à la suite de l’arrêt de la Cour internationale de Justice. Une lecture que les autorités gabonaises rejettent catégoriquement.

Pour le Gabon, l’accord d’Addis-Abeba ne portait pas sur le règlement définitif du différend. Il établissait uniquement un cadre commun destiné à poursuivre les discussions dans un esprit de dialogue et de coopération. En aucun cas, il ne consacrait une renonciation à la souveraineté nationale.

Libreville estime également que la communication équato-guinéenne occulte certains aspects du dossier. Les autorités gabonaises rappellent notamment que l’arrêt de la CIJ ne se limite pas à la question des îles et qu’il comporte d’autres éléments territoriaux que Malabo passerait sous silence. Une lecture sélective qui, selon elles, alimente la confusion et compromet les efforts de rapprochement.

Face à cette situation, le Gabon a décidé de suspendre sa participation au processus engagé. Une décision présentée comme une mesure de prudence plutôt qu’une rupture définitive. Pour Libreville, il est difficile de poursuivre des négociations lorsque les engagements font l’objet d’interprétations unilatérales susceptibles d’induire les opinions publiques en erreur.

Les autorités gabonaises réclament désormais le retrait des déclarations qu’elles jugent mensongères ainsi que des garanties de bonne foi avant toute reprise des discussions. À leurs yeux, le respect de la lettre et de l’esprit de l’accord signé le 28 juillet 2026 constitue une condition indispensable pour rétablir la confiance.

Cette nouvelle crispation rappelle que la paix durable entre Libreville et Malabo dépend autant du dialogue diplomatique que de la responsabilité politique. Sans confiance mutuelle, aucun accord ne pourra durablement refermer le dossier Mbanié.

Edouard Dure

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