À quelques jours de la fête nationale, le gouvernement sort le chéquier. Reçu par le chef de l’État, le patronat gabonais a obtenu une nouvelle enveloppe de 21 milliards de FCFA destinée à apurer les créances de l’État. Portée à 51 milliards, l’opération veut desserrer l’étau qui pèse sur la trésorerie des entreprises et remettre l’économie en mouvement.
Le signal est politique, mais l’urgence est économique. Face à la Fédération des Entreprises du Gabon, conduite par Alain Kouaoua, et à plusieurs dirigeants de PME et de PMI, le président de la République a placé la dette intérieure au cœur des échanges. Avec 21 milliards de FCFA supplémentaires, l’État entend solder une partie de ses arriérés et redonner de l’oxygène au secteur privé.
Pour les entreprises, l’enjeu dépasse largement les bilans comptables. Une créance publique non réglée, c’est une trésorerie immobilisée, des fournisseurs en attente, des investissements reportés et, parfois, des emplois menacés. Le paiement des arriérés doit donc permettre de remettre rapidement des liquidités dans le circuit économique.
Mais derrière cette opération se joue aussi une équation politique, restaurer la confiance entre l’État et le patronat. En honorant progressivement ses engagements, le gouvernement entend créer les conditions d’une reprise portée par les entreprises elles-mêmes.
Le pari est désormais posé. Que ces milliards ne servent pas seulement à éteindre des dettes, mais à rallumer l’activité. À l’État de payer ; aux entreprises d’investir, d’embaucher et de produire. La véritable bataille commence maintenant, dans l’économie réelle.
Ethan De Sillon
