Du 23 au 27 août 2026, Addis-Abeba devient le centre des discussions africaines sur l’avenir de la santé mondiale. En marge de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, les États du continent cherchent à renforcer leur influence dans la réforme de l’architecture sanitaire internationale. Le Gabon, représenté par son ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Nkana Ayo épouse Bivigou, prend part à cette offensive diplomatique.
L’enjeu ne se limite pas aux salles de réunion et aux débats diplomatiques. La succession des crises sanitaires, tout comme la résurgence de la maladie à virus Ebola, rappelle avec force la fragilité persistante des dispositifs africains face aux épidémies. Pour le continent, l’urgence est désormais de consolider la prévention, d’anticiper davantage les menaces et de renforcer les moyens consacrés à la réponse aux crises sanitaires.
Le financement constitue l’autre front de cette bataille. Les mécanismes actuels sont appelés à être repensés, au moment où l’OMS, la Banque mondiale et les banques multilatérales de développement réfléchissent à de nouveaux modèles de gouvernance et de mobilisation des ressources. L’Afrique entend saisir cette fenêtre pour défendre des dispositifs mieux alignés sur ses réalités, ses priorités et ses besoins.
Derrière ces discussions techniques se dessine en réalité un enjeu éminemment politique, celui de la capacité du continent à peser sur les décisions qui engagent son avenir sanitaire. Il s’agit désormais d’influer sur les orientations, de défendre ses intérêts et de participer à l’élaboration des règles plutôt que de se contenter d’en appliquer les conséquences.
La participation du Gabon aux travaux d’Addis-Abeba s’inscrit dans cette dynamique. Pour Libreville, il s’agit de porter la voix du continent dans une séquence où se redessinent les équilibres de la coopération sanitaire internationale.
Le temps d’une Afrique simple spectatrice des décisions prises ailleurs semble ainsi toucher à sa fin. Face aux pandémies, aux défis du financement et aux nouvelles exigences de solidarité sanitaire, le continent entend passer du rôle de bénéficiaire à celui d’acteur à part entière. À Addis-Abeba, l’ambition est claire : que l’avenir de la santé mondiale ne se décide plus sans l’Afrique, ni au-dessus d’elle.
Jean 1er
