À Moanda, l’enjeu n’est plus seulement de construire, mais de faire durer. Le 22 août, à l’occasion de la visite du ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, Eramet Comilog a officialisé la rétrocession à l’État gabonais d’un ensemble d’infrastructures et d’équipements évalués à 6,47 milliards de francs CFA.
Accueilli par Leod Paul Batolo, Administrateur Directeur Général de la Compagnie Minière de l’Ogooué, ainsi que par les autorités locales, le ministre, accompagné notamment de représentants de la CNEE et de la SEEG, a pu mesurer sur le terrain la portée des investissements réalisés avant leur intégration au patrimoine public.

Premier chantier, l’accès à l’eau potable. À la Cité Lékolo II, la station de traitement dispose désormais d’une capacité de 12 m³ par heure. Elle alimente 417 logements et permet à 2 022 personnes d’être raccordées au réseau. Un dispositif auquel s’ajoutent deux forages industriels équipés de systèmes de traitement et connectés au réseau de la SEEG, pour une capacité supplémentaire de 22 m³ par heure.
La distribution doit également gagner en efficacité grâce au renforcement de deux surpresseurs, destinés à mieux desservir les quartiers régulièrement confrontés aux déficits d’eau. Une réponse concrète à une préoccupation qui touche directement le quotidien des habitants.
L’autre volet de cette opération concerne l’éclairage public. Entre 2020 et 2026, Comilog affirme avoir installé près de 6 000 lampadaires solaires à Moanda, pour un investissement d’environ 5 milliards de francs CFA. Une infrastructure qui ne se résume pas à éclairer les rues . Elle participe aussi à l’amélioration du cadre de vie et au renforcement de la sécurité dans les espaces publics.
Mais la véritable portée de cette rétrocession réside peut-être dans ce qui vient après l’investissement. En transférant ces ouvrages à l’État, Comilog entend favoriser leur intégration dans un cadre public d’exploitation et de maintenance. Autrement dit, donner aux équipements une seconde vie institutionnelle et les inscrire dans une logique de continuité.
Cette démarche traduit une évolution de la conception de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Il ne s’agit plus seulement d’accompagner ponctuellement les communautés, mais de contribuer à des équipements structurants, capables de produire des effets au-delà de la présence directe de l’entreprise.
Pour Philippe Tonangoye, cette coopération constitue un levier supplémentaire pour soutenir les politiques publiques et répondre aux besoins prioritaires des populations. Le ministre a, dans le même temps, appelé les communautés à préserver ces infrastructures, dont la pérennité dépendra aussi de leur appropriation collective.
Cette vision s’inscrit dans une perspective encore plus stratégique pour Comilog : préparer progressivement l’après-mine et favoriser, autour de la zone d’exploitation, l’émergence d’activités économiques capables de prendre le relais à long terme.
La réflexion est déjà engagée. Deux études doivent notamment contribuer à orienter les prochaines décisions. L’une consacrée à l’augmentation de la capacité de captage de la Cité Lékolo II, l’autre à la mobilisation des eaux de l’Ogooué. Leurs conclusions seront transmises au ministère compétent afin d’alimenter les choix futurs.
Jean 1er
