À Makokou, le bitume a vibré au rythme de milliers de foulées. Ce samedi 29 août, plus de 2 000 participants ont envahi les rues de la capitale de l’Ogooué-Ivindo pour la quatrième étape du Cross du Gabon, baptisée « Cross de la Libération ». Bien plus qu’une compétition, cette course populaire a offert un moment de partage, de convivialité et de cohésion, à la veille de la célébration du 30 août.
Le coup d’envoi est donné par le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba’a Owono. Aussitôt, le calme laisse place à une véritable déferlante humaine. Les coureurs s’élancent sur les différents parcours de 10, 5 et 3 kilomètres.
Dans le peloton, les profils se mêlent. Cadets, juniors, seniors, élites, vétérans et amateurs partagent le même parcours. Plusieurs hautes personnalités prennent également part à la course, parmi lesquels une dizaine de ministres. Un symbole fort d’une manifestation qui entend rassembler au-delà des statuts et des fonctions.
Sur le bitume, le spectacle est aussi sonore que visuel. Les claquements réguliers des chaussures donnent le tempo. Les respirations s’accélèrent. Les encouragements fusent. Les couleurs des maillots traversent les rues et donnent à Makokou des airs de grande fête populaire.
Pour les plus aguerris, chaque seconde compte. Les foulées s’allongent. Les écarts se creusent. La lutte pour les premières places devient progressivement plus intense.
Chez les élites hommes, Marius Opana Lendengue, Frank Apiamessogui et Trésor Mouloungui, tous trois agents de la Garde républicaine, s’imposent sur le podium. Chez les dames, Anelka Bekale, Chancia Mznfoumbi et Raphaëlle Moanda, représentantes de la Police nationale, occupent les trois premières places.
Mais derrière les performances, une autre victoire se dessine. Celle du vivre-ensemble. Car à Makokou, chacun ne court pas uniquement contre le chronomètre. Certains viennent chercher la performance, d’autres simplement le plaisir de participer. Tous partagent pourtant le même effort et la même ferveur. Dans les rues, les différences sociales s’effacent. Les générations se côtoient. Les responsables publics courent aux côtés des citoyens. Le sport devient ainsi un trait d’union.
Cette dimension populaire semble avoir particulièrement marqué les participants. Dans une ville où les manifestations sportives de cette ampleur restent peu fréquentes, la mobilisation a suscité enthousiasme et satisfaction.
« Ce genre d’événement ne se déroule pas très souvent ici à Makokou et on a beaucoup apprécié. Le cross s’est bien passé. J’ai beaucoup aimé », témoigne une participante.
Au fil des kilomètres, Makokou aura donc démontré que la course peut être bien plus qu’une affaire de podium. Elle peut créer du lien, rapprocher les générations et offrir à une communauté l’occasion de vibrer ensemble.
Les derniers coureurs franchissent la ligne. Les pas ralentissent. Les maillots sont trempés de sueur, mais les sourires restent visibles. La compétition s’achève, tandis que l’esprit de rassemblement demeure.
La remise des trophées, prévue ce dimanche au stade Alexandre Samba sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, viendra consacrer les meilleurs performeurs.
Mais à Makokou, le plus beau podium était peut-être ailleurs : dans cette foule qui, le temps d’une course, a couru ensemble, respiré ensemble et célébré ensemble.
Ethan De Sillon
