Makokou : les corps habillés ouvrent leurs portes aux populations

À Makokou, les treillis ont quitté les casernes pour investir la cité. Ce samedi, la Place de l’Indépendance s’est transformée en vitrine des Forces de défense et de sécurité. À la veille de la Fête de la Libération, l’Armée-Nation s’est exposée au grand public dans un exercice de proximité destiné à mieux faire connaître ses métiers, ses missions et ceux qui les incarnent.

La scène aurait pu prêter à confusion. Des hommes et des femmes en uniforme occupaient la Place de l’Indépendance de Makokou, au cœur de la cité. Pourtant, il n’était question ni de maintien de l’ordre ni de dispositif sécuritaire. Pour une fois, les forces en treillis n’étaient pas là pour contenir une foule, mais pour dialoguer avec elle. À travers cette journée portes ouvertes, les Forces de défense et de sécurité ont choisi de se montrer autrement, plus accessibles, plus proches, au contact direct des populations.

Armée de terre, Armée de l’air, Gendarmerie nationale, Police nationale, Garde républicaine, sapeurs-pompiers, sécurité pénitentiaire et service de santé militaire ont tour à tour présenté leurs missions, leurs équipements et leurs domaines d’intervention. Une immersion grandeur nature dans un univers que le public, notamment les plus jeunes, ne découvre souvent qu’à travers l’uniforme et les cérémonies officielles.

Au fil des stands, des démonstrations et des échanges, les visiteurs ont pu lever le voile sur la diversité des métiers de la défense et de la sécurité. Les conditions d’accès aux différents corps, les concours, les formations et les perspectives de carrière ont également été expliqués. Pour la jeunesse, cette rencontre avait donc une dimension particulière,  informer, rapprocher et, pourquoi pas, faire naître des vocations.

L’initiative aura surtout permis de déplacer le regard. L’institution militaire, longtemps perçue depuis l’autre côté de la barrière, s’est installée au cœur de la vie citoyenne. La caserne est venue à la cité, les uniformes ont laissé place au dialogue et la démonstration a cédé une partie de son espace à la pédagogie. Une proximité qui contribue à rendre plus lisibles les missions de ceux qui veillent, au quotidien, sur la sécurité et la défense du territoire.

À travers cette démarche, le concept d’« Armée-Nation » porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema prend une dimension concrète. L’enjeu ne consiste plus seulement à défendre la Nation, mais aussi à entretenir avec elle une relation fondée sur la connaissance, l’écoute et la confiance. Car une institution régalienne est d’autant mieux comprise lorsqu’elle accepte de sortir de ses murs pour aller à la rencontre de ceux qu’elle a vocation à servir.

À Makokou, le symbole était donc aussi fort que la scène . Les treillis n’avaient pas dressé de distance avec les citoyens, ils l’avaient franchie. Le temps d’une journée, l’Armée-Nation n’était plus seulement visible dans les cérémonies, elle était au milieu de la cité, face à ceux qu’elle protège et avec lesquels elle entend désormais tisser un lien plus étroit.

Edouard Dure

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