Le transport public gabonais change de cap. Issue de la fusion de la SOGATRA et de Trans’Urb, la Compagnie nationale de transport (CNT) entre dans sa phase opérationnelle avec 149 véhicules. Premières liaisons interurbaines, futur réseau urbain dans le Grand Libreville, nouvelle tarification et outils numériques : le nouvel opérateur public veut installer un modèle plus structuré, au moment où s’achève l’ère de la gratuité.
Présentée au Conseil des ministres du 18 septembre 2026 par le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande chargé de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, la CNT prend désormais le relais des deux opérateurs historiques.
Le traité de fusion avait été signé le 24 juillet à Libreville. La SOGATRA et Trans’Urb sont désormais réunies au sein d’une même structure. L’objectif est de mutualiser les moyens et de bâtir un opérateur public en mesure de répondre plus efficacement aux besoins de mobilité.
Pour son lancement, la CNT s’appuie sur 149 véhicules. Le parc comprend 100 autobus Eicher, 25 SML et six Coaster. Il est complété par 12 camions-citernes, cinq semi-remorques et un camion Canter.
Le premier mouvement sera interurbain. Depuis Libreville, les premières lignes desserviront plusieurs villes et pôles économiques du pays. Lambaréné, Mouila, Lébamba, Tchibanga, Makokou, Oyem et Bitam figurent parmi les destinations annoncées.
Le Grand Libreville constituera la deuxième étape. Neuf lignes urbaines sont prévues, avec 20 points de vente de titres de transport et 300 points d’arrêt. Une architecture appelée à rapprocher le réseau des réalités quotidiennes des voyageurs.
Mais le changement le plus visible concerne le portefeuille des usagers. La gratuité des transports publics prend fin. Une nouvelle tarification sera progressivement déployée autour de plusieurs formules : Pass Social, Élève, Étudiant, Urbain et Famille. Des tickets à l’unité et à la journée seront également disponibles. Sur les trajets interurbains, le prix variera selon la distance parcourue.
La CNT entend parallèlement entrer dans une nouvelle ère technologique. Les paiements seront progressivement dématérialisés. La solution « Gabon Mobilités » permettra notamment de géolocaliser les véhicules et de suivre leur circulation en temps réel.
Sur le front social, la fusion se veut sans rupture. Les emplois des deux anciennes sociétés doivent être maintenus. Les contrats de travail seront repris par la nouvelle compagnie sans interruption.
Désormais, le verdict appartiendra aux usagers. La CNT devra prouver, trajet après trajet, que le changement ne se résume pas à un nouveau nom ni à un nouveau parc. Ponctualité, régularité et qualité de service seront les véritables marqueurs de cette nouvelle étape. Sur les routes du Gabon, la promesse devra maintenant devenir une réalité.
Jean 1er
