Le contrôle des effectifs de la Fonction publique livre ses premiers résultats. Après huit mois de vérifications, 1 473 agents ont été radiés des effectifs de l’État. Une opération destinée à fiabiliser le fichier solde, contenir la masse salariale et renforcer la rigueur dans la gestion administrative.
À Libreville, les résultats du recensement biométrique et administratif commencent à produire leurs effets. La Commission chargée de l’examen des dossiers litigieux a rendu ses conclusions mardi, après leur adoption en Conseil des ministres le 18 septembre. Au total, 1 473 situations ont conduit à des radiations.
Pour les autorités, l’enjeu est d’abord celui de la fiabilité. Pendant huit mois, les agents ont été contrôlés en deux phases. Chacun devait justifier son identité, son affectation et sa présence effective à son poste. Les informations recueillies ont ensuite été confrontées aux données de la solde et à celles de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI).
Ce travail de vérification a fait apparaître des situations diverses. Certains agents étaient absents depuis plusieurs années, notamment à l’étranger pour des raisons médicales. D’autres n’avaient pas pu être retrouvés lors du contrôle. Dans ces cas, les bons de caisse ont été retenus et les intéressés invités à présenter leurs justificatifs devant la Commission.
L’administration rappelle toutefois une règle simple : une absence doit être autorisée et portée à la connaissance de la hiérarchie. « Tout est écrit », a insisté le chef de mission de la task force, le colonel Loïck Ossiba. Le statut d’agent public ouvre des droits, mais impose aussi des obligations.
L’opération revêt également une dimension budgétaire. Selon la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, la libération des postes concernés devrait générer environ 11 milliards de francs CFA d’économies. Leur éventuelle réaffectation à de nouveaux recrutements relève désormais des autorités compétentes.
Le contrôle touche ainsi à un enjeu plus large. En 2025, les dépenses de personnel de l’État étaient estimées à 809,1 milliards de francs CFA. Dans ce contexte, la maîtrise des effectifs constitue un levier important de gestion des finances publiques.
Au-delà des chiffres, le recensement pose donc une exigence : faire correspondre les effectifs administratifs à la réalité du terrain. Pour l’État, l’objectif est désormais de transformer cette opération de contrôle en outil durable de pilotage, afin que chaque poste, chaque agent et chaque rémunération trouvent leur juste place dans le fonctionnement de l’administration.
Jean 1er
