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Chine-Afrique : le Gabon veut saisir l’ouverture chinoise

Le Gabon veut mieux tirer parti de l’ouverture du marché chinois. Réunis mercredi à Libreville autour du colloque Chine-Afrique organisé par l’Institut Prométhée, responsables publics et experts ont mis en avant les conditions nécessaires pour transformer le zéro tarif douanier en débouchés pour les entreprises nationales. Compétitivité, qualité des produits, capacités de production et industrialisation étaient au cœur des échanges.

Ouverte par le président de l’Institut Prométhée, Hugues Mbadinga Madiya, la rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping, et des ministres Zenaba Gninga Chaning du commerce et Lubin Martial Ntoutoume de l’industrie. Le débat portait sur le 15ᵉ Plan quinquennal chinois et les nouvelles possibilités offertes aux économies africaines.

Pour la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME/PMI, l’ouverture commerciale ne suffit pas. Le Gabon doit disposer d’une offre capable de répondre aux exigences du marché chinois. Cela implique des produits conformes aux standards, une production régulière et des entreprises suffisamment structurées pour honorer la demande internationale.

La priorité consiste également à mieux connaître les mécanismes d’accès au marché chinois. Cette maîtrise doit permettre d’identifier les filières gabonaises disposant du potentiel nécessaire pour développer des échanges durables.

Lubin Martial Ntoutoume a, pour sa part, mis l’accent sur la dimension industrielle de cette évolution. Il considère le zéro droit de douane comme un levier que le Gabon peut mobiliser, notamment à travers la coopération sino-gabonaise. Transfert de technologies, partage de savoir-faire, partenariats industriels et renforcement des compétences figurent parmi les pistes évoquées.

Le ministre a toutefois souligné la nécessité d’adapter les enseignements tirés de l’expérience chinoise aux réalités nationales. L’objectif n’est pas de reproduire un modèle, mais d’en retenir les mécanismes utiles au développement de l’industrie gabonaise.

Hugues Mbadinga Madiya a rappelé que ces questions concernent directement l’avenir des entreprises africaines et l’évolution des politiques industrielles et commerciales. Le colloque doit ainsi contribuer à identifier les obstacles et les réponses possibles, avec l’ambition de passer de la réflexion à l’action.

Zhou Ping a inscrit cette rencontre dans le contexte du 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. L’ambassadeur a présenté la politique de zéro tarif douanier comme un moyen de faciliter l’accès des produits africains au marché chinois et de renforcer les capacités de développement du continent.

Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de transformer cette ouverture en résultats concrets. Accéder au marché chinois ne suffira pas : il faudra renforcer la production, structurer les filières et garantir des volumes capables d’inscrire durablement les produits gabonais dans les échanges avec la Chine.

Ethan De Sillon

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