Quelle trajectoire pour l’économie gabonaise à l’horizon 2030 ? C’est autour de cette question que la Banque mondiale a livré son diagnostic au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), ce mercredi 28 octobre 2026. Finances publiques, recettes extractives, dépenses sociales et efficacité de l’action publique : cette revue met en lumière les défis à relever pour bâtir une croissance plus solide, diversifiée et créatrice d’emplois.
L’exercice ne se limite pas à dresser un état des lieux de l’économie gabonaise. Il met également en lumière les défis liés à la capacité du pays à convertir ses ressources en richesses durables. Devant les responsables et les conseillers du CESEC, la Banque mondiale a présenté les principales conclusions de sa Revue des finances publiques 2026, destinée à éclairer les orientations économiques et à dégager les leviers d’une transformation structurelle de l’économie nationale..
Conduite par son représentant résident, Sylvain Kakou, la délégation de l’institution de Bretton Woods a présenté un document qui passe au crible les fondamentaux de l’économie nationale. Cette rencontre s’inscrit dans le processus de renouvellement du cadre de partenariat avec le Gabon.
Six domaines structurent cette analyse. Le premier porte sur le contexte macroéconomique et budgétaire. Le deuxième examine la mobilisation des recettes publiques, notamment celles issues du pétrole, des mines et de la forêt, ainsi que le respect de la règle budgétaire. Le rapport évalue également la qualité des dépenses de l’État, la gestion des investissements, des budgets, de la trésorerie et de la dette. Les secteurs sociaux, notamment l’éducation, la santé et la protection sociale, complètent ce diagnostic.
Derrière ces différents volets se dessine une même exigence, améliorer la gestion des ressources publiques pour produire davantage d’impact économique et social. Car disposer d’importantes richesses naturelles ne garantit pas, à lui seul, une prospérité durable. Encore faut-il diversifier les sources de revenus, renforcer la productivité et orienter les dépenses vers les priorités nationales.
C’est précisément l’un des défis auxquels renvoie le Plan national de croissance et de développement 2026-2030. En cohérence avec cette feuille de route, la Banque mondiale préconise un modèle de croissance plus robuste, moins dépendant des secteurs traditionnels et davantage tourné vers la création d’emplois.
La présentation a ensuite ouvert la voie aux échanges. Questions, observations et contributions ont permis aux conseillers de confronter leurs lectures aux conclusions de l’institution financière internationale. Un dialogue destiné à enrichir la réflexion et à mieux cerner les conditions de mise en œuvre des réformes proposées.
Le président du CESEC, Guy Bertrand Mapangou, a salué l’effort d’analyse consenti par la Banque mondiale. Il a néanmoins souligné la nécessité de dépasser le stade du diagnostic. Pour lui, la programmation et l’application effective des différents axes de réforme constituent désormais le véritable enjeu.
Ethan De Sillon
