L’auditorium de Gabon 24 était animé par un échange entre les journalistes et les membres du Gouvernement. Les questions se sont succédé, précises et parfois incisives, mettant les responsables gouvernementaux face aux préoccupations concrètes des populations concernées par les futurs travaux routiers. Indemnisations, conditions de relogement, calendrier des opérations et garanties sociales, aucun des principaux enjeux n’a été éludé. Dans cette atmosphère de dialogue direct, les réponses apportées ont progressivement dessiné les contours d’une opération où l’ambition de moderniser le Grand Libreville doit nécessairement s’accompagner d’une prise en compte des réalités humaines.
Au cœur de cette rencontre organisée le 30 octobre 2026, une annonce majeure, le Gouvernement passe à la phase opérationnelle des projets d’élargissement et d’aménagement des voies de desserte à Okala et sur l’axe Lac Bleu-Diba-Diba. Les indemnisations des personnes affectées ont déjà commencé, tandis que la libération des emprises est programmée à compter du 4 novembre prochain. Une échéance qui marque le début concret de travaux attendus pour améliorer la circulation et renforcer la mobilité dans le Grand Libreville.
Face aux professionnels des médias, Emmanuel Eyeghe Nze, ministre porte-parole du Gouvernement, Lambert Mouvinde Millot, ministre des Travaux publics et de la Construction, et Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, ont apporté des précisions sur les dispositions retenues. À leurs côtés, des responsables de l’ANUTTC et du ministère des Affaires sociales ont contribué à éclairer les aspects techniques et sociaux du programme.
Deux secteurs sont concernés, la liaison Dispensaire d’Okala-sortie SEEG, longue d’environ 1,8 kilomètre, et le corridor Lac Bleu-Diba-Diba, qui couvre près de 1,5 kilomètre. Les recensements font état de 69 personnes affectées sur le premier axe et d’environ 211 sur le second. L’ANUTTC est chargée de l’identification des occupants, de l’évaluation des biens et de l’examen des possibilités de réinstallation, afin que les mesures arrêtées tiennent compte des situations individuelles.
Toutefois, le Gouvernement entend inscrire cette transformation dans une démarche qui ne se limite pas à la réalisation des infrastructures. Conformément aux très hautes instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les travaux d’aménagement des parcelles destinées à accueillir les ménages concernés ont débuté le samedi 31 octobre 2026, selon l’annonce du ministre des Travaux publics et de la Construction. Deux réserves foncières ont été identifiées, environ 10 hectares à Malibé 1 et près de 3 hectares à Marseille 2, où pourrait être aménagée une centaine de parcelles.
À ces dispositions foncières s’ajoutent des compensations financières et un accompagnement destiné aux foyers les plus vulnérables. La continuité scolaire des enfants figure également parmi les préoccupations prises en compte. Sur ce point, la secrétaire générale du ministère des Affaires sociales, Pépécy Ogouliguendé, a exposé les enseignements du dialogue communautaire conduit auprès des habitants. Les échanges ont notamment permis de repérer des personnes nécessitant un suivi psychosocial particulier.
Pour renforcer cette assistance, un poste avancé sera déployé dès le lancement des opérations, avec le concours de la Croix-Rouge. Il permettra d’apporter une réponse de proximité aux difficultés susceptibles de survenir pendant les déplacements. Cette organisation traduit la volonté de ne pas réduire la libération des emprises à une simple intervention administrative ou technique, mais d’en encadrer les conséquences sur les familles.
Les futures voies, prévues sur des emprises de 30 mètres, pouvant atteindre 50 mètres aux endroits nécessitant des ouvrages de franchissement, doivent contribuer à désengorger les principaux axes et à améliorer les conditions de déplacement. Ces investissements s’inscrivent dans les ambitions du Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui fait de la modernisation des infrastructures un levier essentiel de transformation du pays.
Le Gouvernement entend mener cette opération à son terme en veillant au respect de tous les engagements pris envers les populations affectées. Entre le paiement des indemnisations déjà engagé et la mise en place des solutions de relogement, l’Exécutif affirme sa volonté d’assumer ses responsabilités tout au long du processus.
L’ambition est de faire avancer les grands chantiers du Grand Libreville sans perdre de vue leur première exigence, préserver les intérêts des citoyens et garantir que nul ne soit laissé pour compte au nom de la modernisation urbaine.
Ethan De Sillon
