L’économie du monde et celle du Gabon en particulier est mise en mal par la situation de crise sanitaire due à la pandémie du Covid19. Fort de ce constat, dans une lettre adressée au premier ministre, Francis Jean Jacques Evouna, président du conseil gabonais du patronat lui demande de faire sien le concept « de la préservation du plaisir de vivre des gabonais » par l’élaboration d’un plan de sauvetage économique susceptible de sortir le pays du marasme dans lequel il est empêtré.
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement
J’ai, très respectueusement, I’honneur de vous adresser la présente, pour solliciter
de votre haute bienveillance que le Gouvernement que vous conduisez veuille bien (1)
préserver le plaisir de vivre des gabonais, (2) en élaborant un plan de sauvetage de
l’économie de notre pays.
C’est une lapalissade que de dire que la situation économique est en chute libre et
qu’elle s’est même aggravée avec les mesures de confinement consécutives à la
pandémie du Covid- 19. Suite à cela, je pense qu’il est impérieux de réfléchir sur les voies à emprunter pour assurer sa survie, à la sortie de la crise sanitaire actuelle, qui couronne une bien profonde crise d’autres ordres I’ayant précédée.
À l’observation des faits, les prévisions faites par nos partenaires au développement vont s’a’vérer improbables. Ceux-ci tablaient cette année 2020, sur une
croissance de 3,4 % ; celle que nous pourrions connaître est attendue à moins de 1%. Nous courons ainsi vers, la formulation d’un nouveau Plan de Relance Économique, celui en cours (qui n’aura nullement été totalement pratiqué) expirant au mois de juin prochain.
Monsieur Le Premier Ministre,
L’avenir apparaît comme sombre pour les Gabonaises et Gabonais, ainsi que
toutes les autres personnes vivant dans notre pays. Vous les inviter à changer et à
consentir des efforts en vue d’accompagner sa modernisation, mais vous manquez de leur offrir les conditions et mécanismes susceptibles de leur donner espoir et de susciter la confiance qui devrait prévaloir entre des Gouvernants et des Gouvernés.
1 – De la préservation du plaisir de vivre des Gabonais Pour préserver le plaisir de vivre des Gabonaises et des Gabonais, il serait de bon aloi d’entreprendre des réformes utiles et efficaces. ll s’agira, pour cela, de partir du terrain, de la réalité, de la volonté et des aspirations profondes de vos concitoyens.
En effet, Monsieur le Premier Ministre, les démarches que les Décideurs politiques (et vous en êtes et pas des moindres) mènent ne doivent pas l’être dans l’opacité, sans associer les concitoyens dans leur choix retenus. Ces démarches ne peuvent pas être mises en Œuvre, sans évaluer préalablement les politiques publiques qui les auraient sous-tendues.
Les objectifs à atteindre pourraient être déterminer, à l’occasion, en regard, entre
autres, d’une loi sur la modernisation de l’économie, une loi pour la croissance, l’activité et l’égalité de chances économiques et une loi sur la cohésion sociale. ll est, fort de cela, temps de mettre un terme au principe, jadis pratiqué, de la < Réforme de l’État uniquement par le haut )).
Pour préserver le plaisir de vivre des Gabonaises et des Gabonais, il serait aussi
bon de reconfigurer le financement d’urgence de trésorerie des entreprises. L’idée qu’ en a le département ministériel en charge de l’Économie et des Finances me semble être une utopie. Tel qu’il est envisagé là en ce moment, il est irréaliste.
L’Etat est, à la fois débiteur vis à vis des banques et aussi des entreprises. Les
entreprises à leur tour, sont redevables aux mêmes banques. Le cercle vicieux. Je pense, Monsieur le Premier Ministre, qu’il n’est pas heureux de demander à un débiteur, en l’occurrence l’Entreprise, d’alourdir sa dette auprès de son créancier en ayant pour caution un autre débiteur, l’État.
Je suggère, dans ce cadre de la nouvelle démarche à pratiquer, que les Entreprises
elles-mêmes soient consultées pour qu’elles se déterminent sur la viabilité et la fiabilité de la mesure que je décris, ci-dessus, et au sujet de laquelle je prédis une inopérabilité.
ll convient donc d’engager une concertation audacieuse avec elles, pour vous entourer de leurs préoccupations, de, leurs inquiétudes et de leurs besoins. Les Gabonaises et les Gabonais, ainsi que les autres Citoyens, pourraient ainsi préserver leur plaisir de vivre.
2 – De l’élaboration d’un plan de sauvetage de l’économie.
L’élaboration d’un plan de sauvetage de notre économie passe par celle d’un plan
de sauvetage financier international. ll est donc est urgent et nécessaire que soit construit un plan de sauvetage finlancier international, pour sortir de la crise sanitaire actuelle, qui nous conduit inéluctablement vers une récession.
Votre gouvernement devrait, pour cela, formuler un véritable programme de
reformes globales qui créera les conditions nécessaires d’un rebond de notre économie
par des reformes structurelles. ll remédierait ainsi, et tous les déséquilibres accumulés ces derniers mois, et envisagerait plus sereinement l’allègement du lourd fardeau qui plombe notre économie depuis lors.
Ce programme aura pour dessein de protéger les segments les plus pauvres de la population des conséquences de la crise sanitaire. Plusieurs opportunités ou filets de sécurités sociales seront ainsi créés avec l’aide des partenaires au développement qui fourniront des revenus, jusqu’à ce que notre pays retrouve une croissance solide et que la majorité des concitoyens passent au-dessus du seuil de pauvreté.
Le règlement total de la dette intérieure est une mesure idoine qui permettra de
faire face effectivement aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés depuis un temps relativement long, aggravés aujourd’hui par la pandémie du covid-19.
Ce règlement traduira en acte, les très hautes instructions du président de la République contenue dans son discours à la nation du 3 avril 2020.
L’ayant satisfait, Vous voudriez bien ne pas perdre de vue la motivation profonde
de la présente adresse à vous. Ainsi, pour la poursuivre, je vous invite à associer des
experts hors de la sphère, de l’État dans la réflexion à mener en vue de sauver notre pays d’un naufrage. lls sont, entre autres, Économistes, Sociologues, philosophes, Juristes, pour aider à dépasser l’opposition binaire, qui porte rarement des fruits, entre l’État et le Marché, pour penser dorénavant aux deux formes d’organisation sociale qu’ils constituent, et qui sont complémentaires.
Ces derniers aideront donc à tracer des pistes de solutions qui conduiront vers
plus de cohésion sociale et plus d’efficacité économique. Leur intégration facilitera la réalisation d’une reforme acceptée par le plus grand nombre.
L’élaboration d’un plan de sauvetage de notre économie, Monsieur le premier
Ministre, est une urgence capitale pour réussir à transformer notre pays. La pandémie du Covid-.19 en constitue le Déterminant essentiel et l’État, son Amont.
Or, cette période d’incertitudes, de doutes et de bouleversements, la puissance publique fait I’objet d’une appréciation peu reluisante. Veuillez bien tâcher de la soigner pour notre intérêt à tous.
Dans cette perspective, le budget de l’État se doit d’être rééquilibrer grâce, (1) au
recouvrement des sommes d’argent volées par les Commis de l’État véreux (2) à une
reforme fiscale ciblant les segments de la population à revenus élevés, pour réduire les inégalités, (3) à une efficacité accrue des dépenses et (4) à une meilleure gestion des finances publiques.
Dans la même veine, La dette publique sera restructurée pour restaurer la
solvabilité de l’État et créer les tampons qui protégeront les finances publiques de futurs chocs négatifs et garantiront une longue période de croissance. Les réformes structurelles couvriront elles, tous les secteurs de l’économie, pour libérer le potentiel de croissance durable et créer des emplois. La lutte contre la corruption quand à elle, fera baisser le coût des affaires dans notre pays, apportera une amélioration décisive du climat
des affaires et créer des conditions favorables au développement du secteur privé.
Ma conviction profonde, Monsieur le Premier Ministre, est que la puissance
publique est encore fondée à intervenir pour réduire les inégalités, lutter contre les
injustices et, accompagner ainsi le changement. ll importe, pour cela, qu’elle rénove ses modes et ses champs d’intervention, et dessine les lignes de crêtes de la Nouvelle Gouvernance de notre pays, pour préserver le plaisir de vivre des Gabonaises et Gabonais et élaborer un plan de sauvetage de son économie. .
Dans cette attente et en vous souhaitant bonne réception de la présente, Veuillez
agréer, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement à l’assurance de ma
haute et déférente considération.
F.J.J.E
La rédaction
