CNSS : la vérité des textes face au procès syndical

La contestation exprimée par la Confédération syndicale des travailleurs du Gabon (CSTG) lors de son Conseil confédéral exceptionnel du 17 janvier 2026 soulève de réelles préoccupations. La dégradation du pouvoir d’achat, la précarisation de l’emploi et l’insuffisance des salaires nourrissent une colère sociale légitime.

Cependant, les griefs adressés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), notamment ceux portant sur une prétendue confiscation de sa gouvernance par les pouvoirs publics, ne résistent pas à l’examen juridique.

Contrairement aux affirmations de la CSTG, la gouvernance de la CNSS est clairement encadrée par le décret n°0075/PR/MAS du 14 février 2024. Ce texte institue une gestion tripartite équilibrée, conforme aux normes internationales du travail :
6 représentants des confédérations syndicales,
6 représentants des employeurs,
1 commissaire du gouvernement, garant de l’intérêt général.

Les travailleurs comme les employeurs sont donc pleinement représentés. L’État y exerce un rôle d’arbitrage, et non de confiscation. Parler d’exclusion relève davantage du slogan que de l’analyse des textes.

Depuis plusieurs mois, la CNSS a engagé un travail de fond visant à améliorer les conditions de travail de ses agents, à renforcer la prévention des risques professionnels et à moderniser la gestion des prestations.

Des actions concrètes sont en cours. Renforcement des inspections en matière de sécurité au travail, amélioration des procédures internes, professionnalisation des équipes et digitalisation progressive des services.

La prévention des accidents du travail n’est pas un simple discours. C’est un chantier permanent, complexe, qui exige du temps, des moyens et une coopération sincère entre tous les partenaires sociaux.

La CSTG a raison d’alerter sur la vie chère et les licenciements économiques, qui fragilisent les ménages et la cohésion sociale. Mais imputer ces difficultés exclusivement à la CNSS constitue un raccourci dangereux.

La sécurité sociale ne peut, à elle seule, compenser les déséquilibres macroéconomiques, fiscaux et structurels du pays. Le débat sur le pouvoir d’achat et la fiscalité sociale doit être global, responsable et étayé par des données objectives.

Le Gabon a besoin d’un dialogue social apaisé et constructif, fondé sur les textes, les faits et les efforts engagés. Opposer systématiquement les travailleurs à la CNSS, c’est fragiliser un outil essentiel de solidarité nationale.

La CNSS n’est pas l’ennemie des travailleurs. Elle est leur patrimoine social commun. Critiquer est un droit, informer correctement est un devoir.

À l’heure où le pays recherche stabilité et justice sociale, la responsabilité des acteurs syndicaux est aussi de reconnaître les avancées, de lire les textes et de participer activement à l’amélioration du système, plutôt que d’en noircir systématiquement le tableau.

La vérité juridique est claire. Le travail se poursuit.. Le débat mérite mieux que des procès d’intention.

Edouard Dure

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