Le processus de décentralisation entre dans une phase décisive au Gabon. Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault, a annoncé dimanche, lors d’un séminaire gouvernemental, le transfert prochain de 182 compétences aux collectivités territoriales.
Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre de la Loi organique n°001/2014 relative à la décentralisation. Selon le ministre, ces compétences ont été identifiées auprès de 20 ministères. Elles concernent des secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation, les travaux publics, l’habitat, l’urbanisme et l’administration intérieure.
Il est question de rapprocher l’action publique des populations et corriger les déséquilibres territoriaux. Le transfert vise l’ensemble des 135 collectivités locales du pays, réparties entre 52 communes, 35 arrondissements et 48 conseils départementaux.
Pour garantir l’efficacité de cette réforme, l’État prévoit un mécanisme de financement dédié. Un Fonds de péréquation des collectivités locales sera institué. Il sera alimenté chaque année par une dotation équivalente à 10 % des ressources propres du budget de l’État, complétée par des contributions issues des secteurs minier, forestier, pétrolier et gazier.
D’après le projet de décret portant transfert des compétences et des moyens, 97 % des ressources du fonds seront consacrés au développement local. Les 3 % restants serviront au fonctionnement du fonds et aux organes chargés de la décentralisation.
Ce transfert de compétences marque une volonté politique de renforcer l’autonomie des collectivités territoriales. Il ouvre la voie à une gouvernance plus efficace, plus proche des réalités locales et mieux adaptée aux besoins des populations.
Reste désormais le défi de l’opérationnalisation. La réussite de la décentralisation dépendra de la capacité des collectivités à exercer pleinement leurs nouvelles responsabilités, ainsi que de la régularité et de la transparence des financements annoncés.
À terme, cette réforme pourrait redéfinir en profondeur l’organisation territoriale du Gabon et impulser une dynamique nouvelle de développement local.
Jean 1er
