Le ministère gabonais de l’Éducation nationale passe au crible ses effectifs. 756 agents « introuvables » vont faire l’objet d’une procédure de radiation. Un ménage salutaire dans les effectifs pour libérer des postes et restaurer la rigueur
Ces fonctionnaires, bien que toujours rémunérés par l’État, se trouvent en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie, selon les conclusions d’un audit RH récemment mené.
« Comment ont-ils quitté le territoire ? Avec quel document officiel ? » s’interroge Arnaud Loïc Ngomo Mouketou, directeur des ressources humaines du ministère. Il dénonce un système défaillant, trop longtemps toléré.
Les concernés ont été identifiés. Leurs noms affichés publiquement. Ils sont désormais convoqués à se justifier, pièces à l’appui.
Pas question de brandir un simple certificat médical ou une ordonnance. Le DRH veut des preuves concrètes et détaillées.
« Où étaient-ils ? Que faisaient-ils à l’étranger ? Sont-ils malades ? Si oui, qu’ils présentent un dossier médical complet », exige le ministère.
Derrière cette opération coup de poing, une volonté de la tutelle d’assainir le fichier du personnel. Trop de postes sont indûment occupés. Pendant ce temps, près de 2 000 dossiers attendent une intégration légitime à la fonction publique.
Une véritable injustice pour les jeunes diplômés, qui patientent pendant que d’autres, absents depuis des mois voire des années, continuent de percevoir leur salaire.
Le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale a donné des instructions fermes. Chaque situation sera traitée individuellement, mais avec la plus grande rigueur. L’impunité ne sera plus tolérée.
Ce grand ménage pourrait bien faire des émules. Si le secteur de l’éducation est concerné, qu’en est-il des autres ministères ? Le chantier de la moralisation de la fonction publique semble bel et bien lancé, et cette opération pourrait en constituer le premier acte fort.
Jean 1er
