Un vent de contestation souffle sur le marché de Potos. Ce jeudi matin, les femmes commerçantes ont décidé de faire entendre leur voix. Calmes, déterminées, elles ont organisé un mouvement d’humeur pacifique pour réclamer la baisse du prix des box, jugé trop élevé.
Actuellement fixé à 70 000 francs CFA, le tarif mensuel imposé aux commerçantes est au cœur de la grogne. Les manifestantes demandent une révision à 25 000 francs, un montant qu’elles estiment « juste et équitable », aligné sur les prix appliqués dans les autres marchés de la ville.

« Nous ne refusons pas de payer, mais nous demandons simplement l’équité », a expliqué Mme Anastasie, présidente du collectif des femmes commerçantes du marché Potoos. « Le nouveau marché est beau, mais il reste vide. Les clients ne s’y retrouvent pas encore. Nous vendons peu, parfois rien. »
Inauguré avec fierté, le marché Potos devait symboliser la modernité commerciale de Franceville. Mais son architecture, encore méconnue du grand public, semble freiner la fréquentation. Les clientes se font rares, les étals restent pleins, et les loyers pèsent lourd.
Pour ces femmes, souvent cheffes de famille et piliers économiques de leur foyer, la situation devient intenable. Entre loyers élevés, charges et manque de clientèle, beaucoup redoutent de devoir abandonner leurs activités.
Les commerçantes interpellent aujourd’hui les autorités locales et nationales. Elles demandent une réévaluation des tarifs et un accompagnement réel des petits entrepreneurs, conformément à la vision du chef de l’État, qui encourage l’entrepreneuriat inclusif.
« Il n’y a pas d’arrière-pays. Il y a le Gabon, un seul et même pays », rappellent-elles, dans un message fort adressé au gouvernement.
Derrière ce mouvement, c’est tout un symbole celui de femmes qui veulent travailler dignement, dans des conditions justes, pour faire vivre leurs familles et contribuer à l’économie nationale.
Le marché Potos, vitrine de la modernisation locale, pourrait bien devenir le baromètre du dialogue social entre commerçants et autorités. Un test grandeur nature de la promesse d’un développement équitable, au service de tous les Gabonais.
Clemy
