Gabon : l’Église catholique de Libreville se dote de son propre tribunal

L’Église catholique du Gabon franchit une étape historique. Par décret publié le 10 janvier 2026, l’archevêque métropolitain de Libreville, Monseigneur Jean-Patrick Iba-Ba, a officialisé la création du Tribunal ecclésiastique diocésain de première instance.

Installée à la Vallée Sainte Marie, cette nouvelle juridiction marque une évolution institutionnelle majeure. Elle dote l’archidiocèse d’un outil judiciaire autonome, conforme au droit canonique, au service de la vérité, de la justice et de la miséricorde.

Le tribunal est compétent pour l’ensemble des causes judiciaires prévues par le droit canonique. Il traite notamment les déclarations de nullité de mariage, les séparations d’époux, les litiges entre fidèles et certaines affaires pénales ecclésiastiques.

Jusqu’ici, ces dossiers étaient souvent transmis à des juridictions extérieures, parfois à l’étranger. Cette situation entraînait lenteurs, coûts élevés et incompréhensions pour les fidèles. Désormais, les procédures se feront localement, dans un cadre accessible et mieux adapté aux réalités gabonaises.

Le tribunal est composé d’un président, de deux chanceliers, d’un promoteur de justice et de trois auditeurs. La présidence a été confiée à l’abbé Rosel-Espoir Kouka Malela, gage de compétence et de rigueur juridique.

Les affaires liées à l’administration diocésaine restent du ressort direct de l’archevêque. Elles peuvent être traitées par voie administrative ou extrajudiciaire. Cette séparation des compétences garantit la clarté des procédures et le respect strict des normes canoniques.

La création de ce tribunal place Libreville dans la dynamique observée dans plusieurs pays. En France, en Italie ou au Sénégal, les tribunaux ecclésiastiques diocésains jouent un rôle central dans la régulation des conflits internes de l’Église. Ils renforcent la crédibilité des institutions religieuses et la confiance des fidèles.

Au Rwanda et en Côte d’Ivoire, ces juridictions ont permis d’accélérer le traitement des causes matrimoniales et de mieux accompagner les familles en difficulté. Libreville s’inscrit désormais dans cette logique de gouvernance responsable et moderne.

Sur sa page Facebook, Monseigneur Iba-Ba a souligné la portée symbolique de cette initiative. « Cette institution est un signe de maturité de notre Église locale et un instrument au service de la vérité, de la justice et de la miséricorde », a-t-il déclaré.

Le message est là. L’Église gabonaise affirme sa capacité à gérer ses affaires internes avec autonomie, transparence et professionnalisme.

Pour les fidèles, l’enjeu est majeur. Ils disposent désormais d’un cadre juridique clair, respectueux de leur dignité et de leurs droits. Les procédures seront plus rapides, mieux expliquées et culturellement compréhensibles.

Ce tribunal contribue à la pacification sociale. Il favorise le règlement équitable des conflits, la protection des personnes vulnérables et la restauration des liens familiaux.

Avec le Tribunal ecclésiastique diocésain de Libreville, l’Église catholique gabonaise envoie un signal fort, celui d’une institution ancrée dans son temps, attentive aux réalités humaines et résolument engagée au service de la justice.

Ethan De Silon

Please follow and like us:
Pin Share

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *