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Gabon / sécurité, justice et refondation de l’État: le plaidoyer sans concession de Fiacre Mpako Ngoma

Le Gabon a ouvert une nouvelle page de son histoire politique. Née des événements du 30 août 2023, la Cinquième République se veut celle de la rupture, du redressement et de la responsabilité. Une ambition qui impose un diagnostic lucide et des choix clairs..

Dans une tribune à la tonalité résolument institutionnelle, le député Fiacre Mpako Ngoma livre une analyse sévère, mais méthodique, de l’état du pays. L’élu de la Zadié appelle à des réformes de fond, loin des slogans et des réponses de circonstance.

Selon le parlementaire, l’affaiblissement du Gabon n’est ni accidentel ni conjoncturel. Il est le résultat de plus d’une décennie de crise économique, de chômage massif et de retards structurels dans presque tous les secteurs. À cela s’ajoutent, souligne-t-il, des choix politiques contestables, des compromissions assumées et des silences complices.« Ceux qui se posent aujourd’hui en donneurs de leçons ont, pour beaucoup, participé à l’érosion de l’État », tranche-t-il.

Face à cet héritage, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé une ligne qu’il juge sans ambiguïté. Reconstruire plutôt que gérer l’existant, refonder plutôt que colmater. Travail, discipline et changement des mentalités en constituent les piliers, tout comme la fin de la confusion entre biens publics et intérêts privés, le rejet des clivages identitaires et la transmission du pouvoir aux nouvelles générations.

Pour Fiacre Mpako Ngoma, ces orientations forment l’ossature du projet politique des Bâtisseurs du Gabon. La question sécuritaire, omniprésente dans le débat public, est souvent abordée sous le prisme de l’émotion. Le député met en garde contre les raccourcis dangereux, notamment la tentation d’un retour à la peine de mort.

Il s’y oppose fermement. À ses yeux, la peine capitale est inefficace, injuste et inhumaine. « Une vengeance d’État, pas une justice », affirme-t-il. Les expériences internationales, rappelle-t-il, montrent qu’elle ne dissuade pas durablement le crime et qu’elle ne traite jamais ses causes profondes, se contentant de rassurer l’opinion à court terme.

Au-delà des symboles, Fiacre Mpako Ngoma invite à un examen rigoureux de l’appareil sécuritaire. Le nombre élevé d’officiers généraux au sein des forces de défense et de sécurité, police, gendarmerie, armée, douanes, eaux et forêts, interroge, selon lui, l’efficacité réelle du dispositif.

Cette suradministration hiérarchique pose des questions de coordination, de responsabilité et de capacité opérationnelle, notamment face aux crimes graves comme les crimes rituels. Trop souvent, observe-t-il, seuls les exécutants sont interpellés, tandis que les commanditaires demeurent hors d’atteinte.

Or, sans identification et poursuite des donneurs d’ordre, la justice perd sa crédibilité.

Le message du député est sans équivoque. La sécurité nationale ne se bâtit pas sur des solutions expéditives. Elle repose sur des enquêtes approfondies, une justice indépendante et impartiale, la responsabilité pénale de tous les acteurs, et des réformes structurelles durables.

« Le Gabon doit choisir », insiste-t-il. La justice plutôt que la vengeance. La vérité plutôt que l’illusion. La réforme plutôt que le recul.

À travers cette prise de position, Fiacre Mpako Ngoma inscrit le débat sécuritaire dans une vision plus large, celle d’un État de droit solide, respectueux des droits humains et capable d’assurer la protection des citoyens sans renoncer à ses principes fondamentaux.

Jean 1er

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