Ce Vendredi 13 février, la salle des Maires de Libreville était pleine à craquer pour la traditionnelle cérémonie des vœux du maire, Pierre Mathieu Obame Ethoughe.
L’exécutif communal, les maires d’arrondissements, les cadres administratifs, les syndicats, les forces de sécurité et les acteurs économiques affichaient une unité visible face aux enjeux pressants de la capitale.
Cette édition, d’ordinaire ritualisée, a revêtu une dimension plus concrète. Les discours convenus ont cédé la place à des doléances précises et à des rappels insistants.
Le secrétaire général a présenté un bilan des deux premiers mois et demi de mandat, salué comme globalement positif. Mais il a souligné les besoins urgents de modernisation : outils administratifs à mettre à jour, gestion du personnel informatisée, et renforcement des partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur et professionnel, pour inscrire la réforme dans la durée.
Les syndicats ont qualifié 2026 « d’année de vérité », appelant à la rigueur et au courage face aux résistances et à la fin des pratiques affaiblissant l’institution. Les chefs de quartier ont revendiqué reconnaissance, matériel et revalorisation de leurs émoluments, conformément aux engagements du chef de l’État, pour mieux assurer leur rôle de proximité.

Au marché de Mont-Bouët, les opérateurs économiques ont insisté sur la transparence et l’engagement collectif, tout en déplorant les difficultés quotidiennes, coupures d’électricité, irrégularité de l’eau, rues mal éclairées, sans-abri et personnes en situation de détresse mentale. Malgré son ambition d’attirer investisseurs et visiteurs, Libreville reste confrontée à ces carences persistantes, symboles des défis urbains à surmonter.
Le maire a adopté un ton ferme mais mesuré. Il a remercié le Très-Haut pour le souffle de vie et le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour la confiance accordée à sa personne. Sa feuille de route est ambitieuse. Réorganiser les services municipaux, moderniser l’administration, améliorer le quotidien des habitants et instaurer une véritable culture du résultat.
Avec la décentralisation, les responsabilités de la commune se sont accrues. L’autonomie impose désormais performance et efficacité. Le maire a rappelé que la réforme n’est pas une option, mais une nécessité. Citant Machiavel « Le changement a pour ennemi ceux qui ont prospéré dans l’ancien ordre » il a reconnu les résistances internes tout en réaffirmant sa détermination.

Pression démographique, infrastructures saturées, attentes sociales élevées, les défis sont immenses. La stratégie municipale repose sur la discipline administrative, la responsabilité de chacun et des objectifs mesurables.
Libreville trace ainsi son cap pour 2026, les promesses appartiennent désormais au passé. L’heure est aux résultats.
Ethan De Sillon
