LE GROUPE IHEM GABON ORGANISE SES PREMIÈRES SOUTENANCES PUBLIQUES DE THÈSES DE DOCTORAT DBA ACTE 2

La deuxième soutenance de la première promotion de doctorat organisée par l’Institut des Hautes Études de Management (Groupe IHEM) du Gabon s’est tenue cet après-midi, après une première session en matinée. L’événement a eu lieu sous l’œil attentif du Dr Oyono Ebang Constant, Président du groupe IHEM Gabon, qui a salué les conditions mises en place pour garantir le succès de cette journée scientifique, un tournant pour la recherche universitaire et les institutions gabonaises.

Le docteur récemment diplômé, IIkapi Givens, a présenté une thèse sur le rôle du médiateur de la République dans la consolidation de l’état de droit au Gabon. Cette étude met en lumière les défis et enjeux de cette institution, souvent mal perçue ou considérée comme un simple « gadget » politique. Inspiré du modèle suédois, le rôle du médiateur a été adopté par plus de 200 institutions dans le monde, dont certaines en Afrique.

L’argument central de la thèse porte sur la nécessité de garantir l’indépendance du médiateur gabonais. Ikapi Dieudonné critique la vision de cette fonction comme une simple manœuvre politique et plaide pour qu’elle soit perçue comme essentielle à la stabilité sociale et à la consolidation de la démocratie. « Cette institution peut réellement jouer un rôle clé dans la régulation des conflits sociaux et la consolidation de l’état de droit. Elle doit être un levier de paix et de justice, » a-t-il déclaré lors de sa présentation générale.

Les échanges avec le jury, composé de membres présents en personne et à distance, ont été intenses et constructifs. Le jury international, présidé par le professeur Olivier Germain de l’ESG UQAM (Université de Quebec a Montréal) du Canada, comptait également le professeur titulaire Birahim Gueye de l’Université Saint Louis du Sénégal, le professeur Wandji de l’Université de Ndchang au Cameroun, et les professeurs Zomo Yebe Gabriel Assoumou Giscard de l’Université Omar Bongo du Gabon. Le professeur Assoumou Ella Giscard, agrégé d’économie, a souligné les enjeux de l’indépendance financière du médiateur, insistant sur la difficulté de garantir cette indépendance si l’État contrôle son budget.

Il a également évoqué la compatibilité de la médiation moderne avec les traditions africaines, où des sages jouaient autrefois un rôle similaire dans les villages. Il a encouragé Ikapi Dieudonné à explorer ces pistes pour rendre la fonction de médiateur plus autonome et davantage en phase avec les réalités culturelles du Gabon.

Un des points clés soulevés par Ikapi Dieudonné concerne le mode de désignation du médiateur. Il estime que les méthodes actuelles de nomination ne garantissent pas une indépendance suffisante et appelle à une réflexion approfondie pour redéfinir ce processus, assurant ainsi que le médiateur puisse exercer son rôle sans ingérence politique, tout en tenant compte des spécificités gabonaises. Le jury a encouragé l’impétrant à poursuivre ses recherches sur ces questions, notamment celles liées à l’indépendance politique et budgétaire du médiateur. Le doctorat, soulignent-ils, n’est qu’un point de départ pour de nouvelles explorations.

Le docteur Ikapi Dieudonné a aussi adressé un message d’encouragement à ses pairs : « Le chemin du doctorat est difficile, mais n’abandonnez jamais. La recherche ne doit jamais s’arrêter. Les questions qui vous préoccupent méritent d’être explorées, même après l’obtention du diplôme. »

Les soutenances ont duré près de trois heures et ont été marquées par des échanges passionnés, mêlant rhétorique, démonstrations scientifiques et réflexion critique. Le jury a salué la qualité du travail présenté, ouvrant ainsi des perspectives intéressantes pour la gouvernance au Gabon. Cette soutenance sur le médiateur de la République pourrait marquer un tournant pour la réflexion sur les réformes institutionnelles au Gabon, en offrant des pistes pour repenser son rôle et, plus largement, améliorer la gouvernance du pays.

Au-delà du diplôme, cette soutenance lance un débat essentiel sur l’évolution des institutions gabonaises. En conciliant modernité et traditions, elle ouvre la voie à des réformes susceptibles de renforcer l’état de droit et la stabilité politique du Gabon.

Ethan De Sillon

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