Dans la capitale gabonaise, où bat l’un des cœurs de la diaspora camerounaise, l’heure est à la concentration. À la veille du scrutin présidentiel camerounais du 12 octobre 2025, l’ambassade du Cameroun à Libreville finalise les derniers détails. Organisation millimétrée, sécurité renforcée, appel au civisme, tout est mis en œuvre pour faire de ce vote une vitrine de démocratie à l’étranger.
Plus de 6 000 électeurs sont attendus ce dimanche dans un centre de vote réquisitionné pour l’occasion, à deux pas de la chancellerie camerounaise. Le site, installé dans un collège, abritera 15 bureaux de vote.
« Tout est en place. Le matériel est arrivé, les équipes sont formées, les consignes sont claires », assure Ali Aboubakar, 2ᵉ conseiller à l’ambassade, visiblement serein à la veille du vote. Même à l’étranger, le processus électoral devra se conformer aux standards exigés au Cameroun : rigueur, transparence, sécurité.
Ici, à Libreville, la mobilisation ne se limite pas à la logistique. Depuis plusieurs semaines, l’ambassade a lancé une vaste campagne de sensibilisation : réseaux sociaux, réunions communautaires, messages ciblés… L’objectif :était d’ inciter la diaspora à participer massivement, mais de façon disciplinée. « Il ne s’agit pas seulement de voter, il s’agit de voter dans le respect des règles. La crédibilité du processus en dépend », martèle le diplomate.
La sécurité, elle, a été renforcée en collaboration avec les autorités gabonaises. Des patrouilles seront déployées autour des sites sensibles centre de vote, chancellerie, résidence de l’ambassadeur. Toute tentative de trouble à l’ordre public sera immédiatement réprimée. « Après avoir voté, chacun est prié de rentrer calmement chez lui. Pas d’attroupement, pas de débordement », prévient Ali Aboubakar.
Dix candidats restent en lice après le retrait de deux postulants. Chaque bureau de vote sera encadré par un président, quatre scrutateurs, et des représentants des différents candidats. Cinq partis ont désigné des observateurs pour garantir la régularité du scrutin. Le dépouillement se fera immédiatement après la fermeture des urnes, en public, et les procès-verbaux devront être signés par l’ensemble des membres présents. « Toute contestation infondée sera difficile à défendre », prévient-on du côté de l’ambassade.
Dès minuit, le silence électoral entre en vigueur. Plus aucune propagande, ni en ligne, ni dans la rue. L’ambassade insiste sur ce point : pas de tolérance pour les contrevenants. Le mot d’ordre est simple : calme, discipline, responsabilité.
Dimanche, la diaspora camerounaise de Libreville ne déposera pas qu’un bulletin dans l’urne : elle exprimera aussi sa volonté de participer à une démocratie apaisée, respectueuse des règles et des institutions. Car, à des centaines de kilomètres de Yaoundé, c’est aussi l’image d’un peuple uni et mature qui se joue.
Edouard Dure
