L’avancement du chantier de la route Ndendé–Doussala suscite désormais l’inquiétude des autorités gabonaises. Mardi, une délégation du ministère des Travaux publics s’est rendue sur le site afin d’évaluer la progression des travaux. La mission était conduite par le directeur de cabinet, Yvon Fabrice Mombo.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par des retards jugés préoccupants pour ce projet stratégique destiné à désenclaver le sud du Gabon. Sur le terrain, les représentants du gouvernement et ceux de la Banque africaine de développement ont constaté un rythme d’exécution bien inférieur aux prévisions initiales.
Long de 49 kilomètres et lancé en novembre 2024, le chantier affiche à ce stade un taux d’avancement de seulement 27 %. Ce niveau est jugé insuffisant au regard du calendrier initial, d’autant que cette infrastructure constitue un maillon important du corridor de la Transafricaine, appelé à renforcer l’intégration routière entre plusieurs pays du continent.

La mission s’est déroulée en présence du directeur général du bureau régional Afrique centrale de la Banque africaine de développement, Léandre Bassolé, signe de l’attention particulière portée par les partenaires financiers à l’évolution du projet.
Face à ces retards, les autorités entendent renforcer la coordination et le suivi du chantier. Une réunion de recadrage devrait être organisée dans les prochains jours par le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi. Elle réunira l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier les causes du ralentissement et de définir un calendrier d’exécution plus rigoureux.
Au-delà de son impact sur la mobilité locale, la route Ndendé–Doussala est perçue comme un levier de dynamisation économique pour cette partie du territoire, notamment en facilitant les échanges commerciaux et l’accès aux services.
Le projet bénéficie par ailleurs du soutien du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la modernisation des infrastructures l’un des axes majeurs de son action publique.
Dans ce contexte, l’enjeu dépasse la seule réalisation d’un tronçon routier. L’accélération du chantier pourrait constituer un test pour l’efficacité du pilotage des grands projets d’infrastructures au Gabon, souvent confrontés à des contraintes techniques, administratives et financières.
Si les mesures de recadrage annoncées ne produisent pas rapidement des résultats, le projet Ndendé–Doussala risque d’illustrer une nouvelle fois les difficultés structurelles qui freinent la réalisation des grands projets publics dans le pays.
Ethan De Sillon
