Au-delà du slogan, la deuxième édition du Séminaire gouvernemental, tenue le 14 décembre à Libreville, traduit la volonté du gouvernement gabonais de changer en profondeur les méthodes de l’action publique. Dans un contexte de transition politique où l’exigence de crédibilité est forte, l’exécutif cherche à installer un nouveau référentiel de gouvernance, fondé sur la performance, la discipline et la redevabilité.
Réunis à la résidence Maïsha de la Sablière, ministres et hauts responsables de l’État ont été invités à sortir de la logique administrative classique pour entrer dans une dynamique de résultats. Le message adressé par les autorités est sans ambiguïté : la période de gestion routinière et peu évaluée est révolue. Il s’agit désormais de passer d’une administration de moyens à une administration d’impact, capable de démontrer concrètement son utilité pour les citoyens.
Organisé par le Secrétariat général du Gouvernement, sur instruction du vice-président intérimaire du Gouvernement, Henri Claude Oyima, ce séminaire s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Une vision qui place la performance publique au cœur de la refondation de l’État et fait de la responsabilité des décideurs un levier central de légitimation du pouvoir en période de transition vers la 5 ème République.
Le moment clé de la rencontre a été l’exercice de redevabilité imposé aux ministères. Pour la première fois de manière aussi systématique, chaque département a dû rendre compte de l’état d’avancement des projets engagés en 2025, en exposant sans détour les progrès réalisés, les retards accumulés et les contraintes structurelles rencontrées. Cet exercice marque un changement de paradigme, l’évaluation de l’action publique n’est plus seulement interne, elle devient un outil d’orientation stratégique et de priorisation des politiques publiques pour 2026.
La question des finances publiques a constitué un autre axe majeur des discussions. Dans un contexte budgétaire contraint, le gouvernement affiche sa volonté de renforcer la discipline financière et de restaurer la confiance dans la gestion des ressources publiques. Les règles applicables à partir de 2026 ont été rappelées avec insistance. La dépense publique doit être rationalisée, traçable et orientée vers des résultats mesurables. Derrière cet impératif se joue aussi la crédibilité de l’État vis-à-vis des partenaires financiers et des citoyens.
Enfin, l’efficacité administrative est apparue comme un chantier structurant. Le secrétaire général du Gouvernement, Abdu Razzaq Guy Kambogo, a présenté une méthode de travail harmonisée visant à réduire les lenteurs bureaucratiques, améliorer la coordination interadministrative et sécuriser la qualité des décisions publiques. Cette réforme, plus technique en apparence, constitue en réalité un levier stratégique. Sans une administration plus agile, la culture du résultat restera un discours sans traduction concrète.
Au terme de ce séminaire, le gouvernement de transition affiche une ambition de faire de la rigueur, de la transparence et de la responsabilité les nouveaux standards de l’action publique. Mais l’enjeu dépasse le cadre institutionnel. La véritable épreuve commence désormais, celle de la mise en œuvre effective et de l’impact tangible sur la vie des Gabonais. Car, au final, c’est sur le terrain que la gouvernance sera jugée.
Clemy
