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Iboga : le projet de transformation locale bloqué par les lenteurs administratives

Alors que l’Iboga suscite un intérêt croissant au sein de l’industrie pharmaceutique mondiale, le Gabon peine encore à tirer pleinement profit de cette ressource exceptionnelle. Porteur d’un ambitieux projet de transformation locale de la plante, le laboratoire gabonais « La Santé Pharmaceutique  » se heurte depuis plusieurs années à des blocages administratifs qui retardent son lancement.

Pourtant, toutes les conditions techniques semblent réunies. Après plusieurs années de recherches et d’expérimentations, l’entreprise affirme avoir maîtrisé les procédés d’extraction, de transformation et de production des molécules issues de l’Iboga. Les résultats obtenus auraient été présentés aux administrations compétentes, notamment dans les secteurs de la santé, de l’industrie et du commerce.

L’intérêt du projet dépasse largement les frontières nationales. Une délégation américaine venue évaluer les installations et les protocoles mis en place aurait salué la qualité du travail accompli. Cette reconnaissance s’est traduite par une promesse de financement de 50 millions de dollars destinée à accompagner le développement du projet.

Malgré ces avancées, l’initiative demeure à l’arrêt. Les autorisations administratives nécessaires à son démarrage se font toujours attendre.

« Le volet technique est achevé depuis longtemps. Nous attendons désormais les validations administratives indispensables au lancement des activités », confie une source proche du dossier.

Selon cette source, plusieurs démarches ont été entreprises auprès des administrations concernées. Courriers, demandes d’audience et dossiers techniques auraient été transmis, sans qu’aucune réponse concrète ne soit apportée jusqu’à présent.

Cette situation interroge d’autant plus que l’Iboga représente un enjeu majeur pour la recherche médicale internationale. Ses propriétés thérapeutiques attirent l’attention de nombreux laboratoires à travers le monde, faisant de sa valorisation industrielle un marché prometteur.

Pour le Gabon, les retombées pourraient être considérables. Le projet prévoit le développement d’une filière complète, depuis la culture de l’Iboga jusqu’à la commercialisation des produits finis. Une telle chaîne de valeur pourrait générer des milliers d’emplois directs et indirects tout en renforçant l’industrialisation du pays.

L’usine ambitionne également de produire localement plusieurs catégories de médicaments à des coûts compétitifs, notamment des antibiotiques, des antirétroviraux et des traitements contre la tuberculose. Une perspective susceptible d’améliorer l’accès aux soins tout en réduisant la dépendance aux importations pharmaceutiques.

Dans un contexte où la transformation locale des ressources naturelles constitue une priorité affichée des pouvoirs publics, ce projet apparaît comme une opportunité stratégique pour le Gabon. Son aboutissement permettrait non seulement de valoriser une plante emblématique du patrimoine national, mais également de positionner le pays parmi les acteurs émergents de l’industrie pharmaceutique africaine.

La balle est désormais dans le camp des administrations concernées. Leur réactivité déterminera en grande partie l’avenir d’un projet dont les enjeux dépassent largement le cadre économique pour toucher à la souveraineté industrielle et à l’attractivité du pays.

Ethan De Sillon

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