Et si la commande publique devenait enfin un véritable moteur de croissance nationale ? Et si l’emploi local cessait d’être une simple ambition pour devenir une réalité tangible ?
Dans un mémorandum présenté à Libreville, Francis Jean Jacques Evouna, président du Conseil Gabonais du Patronat, plaide pour une profonde refondation du modèle économique national. Il préconise notamment un accès accru des PME aux marchés publics, une meilleure valorisation des compétences locales ainsi qu’une amélioration du climat des affaires. À travers cette démarche, le secteur privé esquisse les contours d’une économie plus compétitive, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir.
Face aux défis du chômage, de la diversification économique et du renforcement de la compétitivité, Francis Jean Jacques Evouna place l’entreprise au cœur de la transformation du pays. Pour le président du CGP, la croissance durable ne pourra être atteinte sans une implication plus forte du secteur privé dans les politiques publiques de développement.
Au premier rang des propositions figure la commande publique. Longtemps considérée comme un simple instrument administratif, elle est désormais envisagée comme un puissant levier de développement. Chaque marché attribué par l’État peut générer de l’activité, stimuler l’investissement et favoriser la création d’emplois.
Pourtant, les petites et moyennes entreprises gabonaises demeurent largement sous-représentées dans l’accès à ces opportunités. Les obstacles sont connus : procédures complexes, critères parfois disproportionnés et délais de paiement souvent dissuasifs.
Afin d’y remédier, le CGP préconise de réserver au moins 30 % des marchés publics aux PME nationales, tout en accélérant la digitalisation des procédures et en simplifiant les mécanismes de soumission.
En plus de son impact économique, cette orientation répond à un enjeu de souveraineté productive. Chaque entreprise locale qui se développe contribue à renforcer les compétences nationales, à créer des emplois durables et à maintenir davantage de richesse au sein de l’économie gabonaise.
Cette vision s’étend naturellement au marché du travail. Selon Francis Jean Jacques Evouna, le développement durable du Gabon passe par une meilleure valorisation du capital humain national. Malgré un cadre juridique favorable, des écarts persistent entre les qualifications disponibles et les besoins réels des entreprises.
Le mémorandum recommande ainsi de renforcer la priorité accordée à l’emploi des Gabonais tout en investissant davantage dans la formation professionnelle, l’apprentissage et le développement des compétences de la jeunesse. L’ambition est de faire de l’emploi local un véritable vecteur de croissance et de prospérité.
Le document insiste également sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires. Aucune stratégie de développement ne peut produire pleinement ses effets dans un contexte marqué par l’incertitude ou la complexité administrative.
Le président du CGP défend ainsi un modèle fondé sur cinq principes. Une administration simplifiée, des règles stables, une fiscalité apaisée, un cadre social adapté aux réalités économiques et une sécurité juridique renforcée.
Derrière cette approche se trouve une conviction essentielle, l’investissement repose avant tout sur la confiance. Confiance dans les institutions, dans la stabilité des règles et dans la capacité de l’État à garantir un environnement favorable à l’initiative privée.
Les PME occupent une place centrale dans cette vision. Véritable colonne vertébrale du tissu économique national, elles constituent un important réservoir d’emplois, d’innovation et de création de valeur. Leur essor reste toutefois limité par des difficultés d’accès au financement et aux marchés.
Pour lever ces contraintes, le patronat propose la mise en place de mécanismes de garantie, le renforcement de l’accompagnement entrepreneurial et une meilleure intégration des PME dans les politiques publiques.
Ce mémorandum traduit une ambition qui entend replacer l’entreprise au cœur du projet économique national et favoriser une croissance davantage portée par les acteurs locaux.
Selon Francis Jean Jacques Evouna, le Gabon dispose des ressources, des talents et des opportunités nécessaires pour accélérer son développement. Le défi consiste désormais à transformer ce potentiel en résultats concrets grâce à des réformes audacieuses, des investissements ciblés et une confiance renouvelée dans les capacités nationales.
Dans un monde où la compétitivité se construit chaque jour, les pays qui réussissent sont ceux qui savent mobiliser leurs forces, encourager l’initiative et créer les conditions d’une croissance durable et inclusive.
Ethan De Sillon
