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Le CGP sonne l’alarme : les TPE, PME et PMI écartées du Haut Conseil pour l’Investissement

À peine réactivé par les autorités, le Haut Conseil pour l’Investissement (HCI) suscite déjà de nombreuses interrogations au sein du secteur privé. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le CGP, porte-voix du CEG, du CNPG, de la FBA et des PME, dénonce leur absence au sein de cette instance chargée d’orienter la politique nationale de l’investissement.

Pour le patronat, cette situation soulève une question essentielle. Comment bâtir une stratégie d’investissement ambitieuse sans associer les entreprises qui constituent le socle de l’économie nationale ?

Les très petites, petites et moyennes entreprises représentent l’écrasante majorité du tissu entrepreneurial gabonais. Elles créent des emplois, stimulent l’innovation, participent à la diversification de l’économie et assurent une présence économique sur l’ensemble du territoire. Leur exclusion du HCI apparaît dès lors comme une contradiction avec l’objectif affiché de promouvoir un développement inclusif et durable.

À travers cette démarche, le CGP ne défend pas uniquement ses intérêts. Il porte la voix d’un large éventail d’acteurs économiques qui, chaque jour, font vivre l’économie réelle. Selon l’organisation patronale, l’absence de représentation des TPE, PME et PMI risque de creuser davantage le fossé entre les centres de décision et les réalités auxquelles les entreprises sont confrontées.

Accès au financement, pression fiscale, commande publique, climat des affaires, formation professionnelle ou encore accompagnement de l’entrepreneuriat, autant de sujets qui influencent directement la compétitivité des entreprises et qui méritent d’être intégrés aux réflexions stratégiques du Haut Conseil pour l’Investissement.

Le président du CGP, Francis Jean Jacques Evouna, rappelle d’ailleurs que son organisation a activement participé aux travaux ayant conduit à la relance du HCI. De nombreuses contributions ont été formulées dans des secteurs clés tels que l’énergie, les hydrocarbures, la santé, la fiscalité, la formation professionnelle, le dialogue social et l’attractivité économique. Cette implication témoigne de la volonté constante du patronat gabonais de contribuer à l’élaboration de politiques publiques favorables à l’investissement et à la croissance.

En plus de la question de la gouvernance du HCI, les TPE, PME et PMI défendent une vision plus large de la transformation économique du pays. Elles plaident pour l’adoption d’une loi de modernisation de l’économie, d’une loi sur la cohésion sociale, ainsi que pour une révision ambitieuse du Code des marchés publics, du Code général des impôts, du Code des investissements et du Code minier.

La commande publique figure parmi les priorités mises en avant. Le patronat estime qu’une part significative des marchés publics devrait être réservée aux entreprises nationales afin de renforcer les capacités productives locales, soutenir l’emploi et favoriser l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus robuste. Il appelle également à une plus grande transparence dans les procédures d’attribution afin que la dépense publique devienne un véritable moteur de développement économique.

L’organisation patronale rappelle également avoir proposé la création d’une Cellule de pilotage et de coordination des investissements placée sous l’autorité directe du chef de l’État. Si cette option n’a finalement pas été retenue au profit de la réactivation du HCI, elle peine à comprendre pourquoi les acteurs ayant contribué à la réflexion initiale demeurent aujourd’hui absents de la gouvernance de l’instance.

Sans remettre en cause la pertinence du Haut Conseil pour l’Investissement, le CGP et les organisations qu’il représente plaident pour une ouverture de sa composition afin qu’elle reflète davantage la diversité du secteur privé gabonais. Pour eux, l’efficacité des politiques d’investissement repose avant tout sur un dialogue permanent entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques qui créent quotidiennement richesse, emplois et opportunités.

À leurs yeux, la réussite de la transformation économique du Gabon ne pourra être pleinement assurée que si les TPE, PME et PMI, véritables piliers de l’économie nationale, sont associées aux décisions qui engagent l’avenir du pays. Car l’investissement ne se construit pas seulement dans les institutions ; il prend également racine dans les ateliers, les commerces, les exploitations agricoles, les usines et les entreprises qui constituent le cœur battant de l’économie gabonaise.

Edouard Dure

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