CNAMGS : en septembre, le Gabon lance le grand chantier de la refonte de son fichier social

Identifier les véritables bénéficiaires, corriger les failles du système et mieux orienter les politiques sociales. C’est le triple objectif du deuxième recensement général des Gabonais économiquement faibles (GEF), dont le lancement est annoncé pour septembre. Plus qu’une opération statistique, le gouvernement engage une réforme stratégique destinée à restaurer l’efficacité de la solidarité nationale et à garantir une meilleure justice sociale.

Le gouvernement affine les derniers réglages avant le déploiement de cette vaste opération nationale. Réuni à Libreville le 21 Juillet, sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le comité interministériel chargé du dossier a arrêté les principales orientations d’un recensement appelé à redessiner la cartographie de la vulnérabilité sociale au Gabon.

D’ici à la fin du mois d’août, les équipes techniques finaliseront les outils de collecte, formeront les agents recenseurs et consolideront les dispositifs de sécurisation des données. Les informations recueillies seront confrontées aux résultats du récent Recensement général de la population et des logements ainsi qu’aux bases de données de la CNAMGS. L’objectif est de disposer d’un fichier social fiable, débarrassé des incohérences et suffisamment robuste pour soutenir les futures politiques publiques.

Cette remise à niveau répond à une réalité que les autorités ne peuvent plus ignorer. Au fil des années, le fichier des Gabonais économiquement faibles s’est progressivement éloigné de la réalité sociale du pays. Des bénéficiaires dont les conditions de vie se sont améliorées continuent parfois de percevoir des prestations, tandis que de nombreux ménages en situation de précarité restent exclus des mécanismes de solidarité. Cette fracture fragilise l’efficacité de l’action publique et nourrit un sentiment d’injustice.

Le futur recensement entend rompre avec ces dysfonctionnements. Revenus, conditions d’habitat, accès aux soins, scolarisation, handicap ou encore niveau de précarité seront analysés afin d’établir une photographie plus fidèle des besoins sociaux. Au-delà de la mise à jour des fichiers administratifs, il s’agit de doter l’État d’un véritable outil d’aide à la décision.

Cette initiative intervient dans un contexte de fiabilisation accélérée des bases de données de la CNAMGS. Plus de 122 000 ayants droit ont récemment vu leurs prestations suspendues à la suite d’irrégularités administratives, révélant les limites d’un système qui n’avait pas été suffisamment actualisé. Ce constat renforce la nécessité d’un recensement capable d’assurer une gestion plus rigoureuse et plus équitable des ressources publiques.

À partir de septembre, les agents recenseurs sillonneront l’ensemble du territoire, des centres urbains aux localités les plus enclavées. Leur mission ne se limitera pas à collecter des données. Elle consistera aussi à mieux comprendre les multiples visages de la précarité afin d’offrir aux pouvoirs publics une lecture plus fine des réalités sociales et territoriales.

Edouard Dure

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