Premier Conseil d’administration, nouvelle gouvernance, feuille de route stratégique : la Gabonaise des Jeux (GDJ) quitte les starting-blocks. Derrière cette mise en ordre institutionnelle se joue désormais une bataille autrement plus décisive : celle de la reconquête d’un secteur stratégique pour l’État.
À Libreville, ce vendredi 7 août, la nouvelle entité publique a tenu son premier Conseil d’administration. Plus de quatre heures de travaux pour installer les fondations d’une institution appelée à redessiner le paysage des jeux au Gabon. Règlement intérieur, budgets de fonctionnement et d’investissement, plan stratégique : les premiers instruments de pilotage sont désormais sur la table.
Présidée par le Général de Division Bonjean Mbandza, cette session inaugurale marque surtout le passage de l’ambition à l’action. Car au-delà des textes et des procédures, c’est une nouvelle architecture de gouvernance qui se met en place.
La création de la GDJ, en décembre 2025, traduit la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de renforcer la maîtrise nationale d’un marché longtemps structuré autour d’opérateurs privés. L’enjeu n’est donc plus seulement de reprendre la main. Il est désormais de prouver que cette maîtrise publique peut produire davantage de transparence, de traçabilité, de discipline et de valeur pour l’État.

À l’ouverture des travaux, Bonjean Mbandza a replacé cette première réunion dans le prolongement de la vision présidentielle, qui érige le secteur des jeux en enjeu de souveraineté. Une manière de rappeler que la reprise en main ne saurait constituer une fin en soi. Elle devra se traduire par une gouvernance rigoureuse, des mécanismes de contrôle efficaces et des résultats vérifiables.
Pour le directeur général, Roméo Fabrice Nguema Ondo, cette première réunion est une « journée historique ». La formule est forte. Elle place désormais l’institution face à son premier véritable défi, transformer l’acte de naissance en performance.
Exploiter, réguler, surveiller et mieux tracer les flux , la GDJ devra avancer sur plusieurs fronts à la fois. Dans un secteur où se croisent intérêts économiques, fiscalité, fraude et risques liés au blanchiment, la solidité du dispositif de contrôle sera aussi déterminante que sa capacité à générer des revenus.
Le plan stratégique adopté donne une direction. La nouvelle gouvernance, elle, doit désormais donner du contenu à cette ambition.
La GDJ vient de poser ses premières pièces sur l’échiquier. La véritable partie commence maintenant.
Edouard Dure
